Moderniser la dissuasion nucléaire selon la stricte suffisance : renouveler les composantes océanique et aéroportée, étudier une composante terrestre

Domaine
Défense
Mesure
M5.2
Horizon
2040

Moderniser en continu la dissuasion nucléaire selon le principe de stricte suffisance — sous-marins lanceurs d’engins de troisième génération, composante aéroportée dotée du futur missile hypersonique ASN4G, étude d’une composante terrestre —, avec un financement sanctuarisé et une décision d’emploi qui relève du seul Président de la République.

La dissuasion nucléaire est au cœur de la souveraineté française depuis 1960. Elle repose sur trois composantes complémentaires : océanique (SNLE — sous-marins nucléaires lanceurs d’engins), aéroportée (FAS — Forces aériennes stratégiques, Rafale + missile ASMPA), et historiquement terrestre (silos du Plateau d’Albion dissous en 1996). Le maintien à niveau exige un renouvellement continu : SNLE 3G en cours de développement pour entrée en service 2035-2040, ASN4G (successeur d’ASMPA) en R&D, modernisation des têtes nucléaires. Le coût annuel de la dissuasion est estimé à 5-6 Md€/an, soit environ 12 % du budget de défense, et plusieurs voix politiques périodiquement contestent ce niveau d’effort en suggérant des mutualisations européennes ou des réductions de format.

Coût et financement. Le coût reste dans l’ordre de grandeur actuel, porté par la trajectoire à 3 % du PIB (M5.1), et inscrit en priorité dans la loi de programmation pour échapper aux arbitrages annuels.

Calendrier. Conclusions de l’étude sur la composante terrestre en 2028, premier sous-marin de troisième génération en service à l’horizon 2035, renouvellement complet des composantes à l’horizon 2040.

Garde-fous. Aucune mutualisation du feu nucléaire, y compris dans la défense européenne intégrée, limitée au conventionnel (M5.3). Coopération technique avec le Royaume-Uni maintenue dans le cadre des accords de Lancaster House de 2010. Information annuelle des commissions parlementaires compétentes.

L’objection et la réponse. L’objection est double. Les partisans du désarmement jugeront que moderniser l’arme nucléaire contredit l’engagement de la France dans le traité de non-prolifération. Les partisans d’une Europe intégrée jugeront qu’une dissuasion strictement nationale est un anachronisme, au moment où la garantie américaine vacille. Aux premiers, la réponse est la doctrine de stricte suffisance, qui refuse la course aux arsenaux. Aux seconds, que la dimension européenne des intérêts vitaux français, ouverte au débat en 2025, peut s’affirmer sans partager la décision. Une dissuasion dont le bouton serait commun cesserait d’être crédible, car personne ne croit qu’un comité appuie sur un bouton.

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