Hier soir, dimanche 1er mars 2015, j’ai partagé sur les réseaux sociaux le témoignage d’un médecin francophone chrétien syrien, le docteur Nabil Antaki, qui exerce à Alep depuis plus de quatre ans, dans des conditions qu’aucun de nous, confortablement installés à Paris ou en Île-de-France, ne pouvons réellement imaginer. Le docteur Antaki assure, dans des entretiens publiés cette semaine et accessibles à qui veut bien les chercher, que le gouvernement syrien ne bombarde pas sa propre population civile. Il décrit la guerre comme il la voit depuis son cabinet, depuis sa rue, depuis ses tournées hospitalières. Sa version des événements contredit frontalement la narrative dominante des grands médias français — qui présentent depuis 2011 la guerre syrienne comme une lutte univoque d’un peuple soulevé contre un régime dictatorial.
J’ai partagé ce témoignage. Pas parce que je sais ce qui se passe à Alep — je ne le sais pas, et je l’écris en clair : je ne le sais pas. Mais parce qu’il me semble que dans une démocratie qui se prétend ouverte au débat, toutes les voix de terrain doivent pouvoir être entendues. Et qu’à mes yeux, la couverture française du conflit syrien depuis 2011 souffre d’un déficit grave : l’absence quasi-totale, dans la presse nationale, des voix syriennes qui ne correspondent pas au récit dominant.
Je voudrais m’arrêter là-dessus aujourd’hui. Pas sur Bachar el-Assad, qui n’a pas besoin de moi pour qu’on discute de ses choix. Pas sur l’opposition syrienne, dont la pluralité réelle a été méconnue dès le début. Mais sur notre angle mort à nous, Français, quand nous parlons de la Syrie. Parce que cet angle mort se reproduit, pratiquement à l’identique, sur tous les sujets de politique internationale qui touchent au monde arabe et au monde musulman. Et qu’il finit par avoir des conséquences concrètes : sur notre capacité d’analyse, sur la qualité de notre diplomatie, sur la sincérité de notre engagement dans les guerres lointaines.
La guerre syrienne, telle qu’elle nous est racontée
Reprenons. Depuis mars 2011, la France raconte la guerre syrienne, en gros, comme ceci. Un peuple, au sens entier du terme, s’est soulevé contre un régime sanguinaire qui réprime dans le sang ses propres citoyens. Une opposition démocratique, au sens entier du terme, a tenté d’incarner la transition. Cette opposition a été progressivement débordée par des groupes islamistes parce que l’Occident — et la France en premier — n’a pas eu le courage d’intervenir en 2013, après les attaques chimiques de la Ghouta. Aujourd’hui, en 2015, la situation est en faillite : Assad bombarde sans répit, des millions de réfugiés fuient, et Daech occupe l’est du pays. Tout cela, dans cette narrative, est la faute principale d’Assad, secondairement la faute de l’inaction occidentale, et en aucun cas la faute de la pluralité de l’opposition (qui contiendrait pourtant, en réalité, depuis le début, des groupes salafistes, des groupes jihadistes financés depuis le Golfe, des groupes laïcs, des groupes communautaires divers).
Cette narrative est simplifiée à l’extrême. Elle a, à mes yeux, plusieurs problèmes documentables.
Premier problème : la nature réelle de l’opposition syrienne. Dès 2011, et plus encore dès 2012, l’opposition armée syrienne n’a jamais été un mouvement unifié démocratique. Elle a, dès l’origine, contenu une composante islamiste lourde, financée par les pays du Golfe (sans qu’on entre ici dans le détail des financements), avec des appuis turcs, et des appuis indirects occidentaux. Ahrar al-Cham, le Front al-Nosra (branche d’Al-Qaïda en Syrie), Jaish al-Islam, et plus tard l’État islamique — toutes ces formations ne sont pas des dérives tardives. Elles sont des composantes structurelles de l’opposition armée dès 2012. La narrative française les a longtemps présentées comme des accidents ou des récupérations. Elles étaient présentes dès le départ. Cette dimension a été systématiquement minimisée, parfois niée, par la couverture médiatique française des années 2011-2014.
Deuxième problème : l’usage indifférencié du mot « peuple ». Dans la rhétorique française, le « peuple syrien » s’est soulevé contre Assad. Cette formule est fausse au sens littéral. Le peuple syrien, dans sa diversité réelle — sunnites majoritaires, alaouites (la communauté d’Assad), chrétiens d’orient (10 % environ), druzes, kurdes, ismaéliens, Arméniens — est profondément divisé sur la guerre. Une partie de ce peuple soutient l’opposition. Une autre partie soutient Assad. Une troisième partie ne soutient personne et veut juste survivre. Les chrétiens d’orient, en particulier, sont massivement du côté du régime, non pas par amour du régime, mais parce qu’ils craignent la victoire des forces sunnites islamistes qui menacent leur existence physique. Les alaouites, idem, par survie collective. Les druzes, idem, par calcul. Cette diversité du peuple syrien est invisible dans la presse française qui parle, depuis quatre ans, du peuple syrien comme s’il s’agissait d’un bloc homogène opposé à Assad. C’est factuellement faux. Et le docteur Antaki — médecin chrétien d’Alep — est l’incarnation vivante d’une partie de ce peuple qu’on refuse d’entendre.
Troisième problème : la qualité du reportage de terrain. Très peu de journalistes français vont à Alep, à Damas, à Lattaquié, à Homs, à Hassaké. Ceux qui y vont, le plus souvent, n’y vont qu’à travers les filtres de l’opposition armée — c’est-à-dire qu’ils entrent par la Turquie, qu’ils sont accompagnés par des relais islamistes, et qu’ils voient ce qu’on veut bien leur montrer. La couverture côté gouvernement, qui est la plus difficile, est aussi la plus délaissée. Les rares journalistes qui ont essayé — Régis Le Sommier de Paris Match, Karin Leukefeld pour des médias allemands, quelques freelances — ont été marginalisés dans le débat français, présentés comme complaisants. La couverture sérieuse de la Syrie côté Assad n’existe pratiquement pas dans la presse française dominante. Or un journaliste sérieux qui ne couvre qu’un côté d’une guerre ne fait pas du journalisme — il fait de la communication.
Le témoignage d’un médecin
Le docteur Nabil Antaki n’est pas un militant politique. C’est un médecin, gastro-entérologue, soixante-dix ans, qui a choisi de rester à Alep alors qu’il aurait pu partir vingt fois. Il dirige une association d’aide aux familles déplacées. Il connaît Alep mieux que n’importe quel correspondant étranger qui passe deux semaines à Beyrouth pour rapporter sur la Syrie. Il rapporte ce qu’il voit, et ce qu’il voit contredit en partie le récit que nous lisons à Paris.
Que dit-il, en gros ? Plusieurs choses, qu’il faut écouter avec attention parce qu’elles dérangent.
Il dit que le gouvernement syrien, dans la guerre qui se déroule à Alep, ne bombarde pas sa propre population. Il distingue, dans cette formulation, les zones contrôlées par le gouvernement (où il vit, où il travaille, où il observe au quotidien) et les zones contrôlées par les rebelles armés (qu’il ne fréquente pas, qu’il ne peut pas observer directement). Il témoigne que les zones gouvernementales, où vivent des centaines de milliers d’Aleppins, fonctionnent à peu près — il y a l’électricité, l’eau, l’école, les commerces qui ouvrent —, mais qu’elles sont régulièrement frappées par les tirs de mortiers et de gas-cylinders depuis les zones rebelles. Il rapporte que des civils meurent quotidiennement de ces tirs venus des positions rebelles. Il signale les difficultés humanitaires immenses — il les voit dans son association —, mais il en attribue une part importante à l’embargo économique occidental imposé au régime, qui touche aussi les civils.
Il dit aussi que les chrétiens d’Alep — plusieurs dizaines de milliers à l’origine, encore plusieurs milliers en 2015 — sont protégés par le régime, menacés par certains groupes rebelles, et traumatisés par la perspective d’une victoire de l’opposition sunnite islamiste. Il évoque les enlèvements de prêtres et de religieuses (Maaloula notamment, en 2013-2014). Il évoque les destructions d’églises dans les zones tombées aux mains des rebelles. Il évoque la coexistence multiconfessionnelle d’avant 2011 comme un trésor en train de disparaître.
Il dit enfin — et c’est peut-être le plus dérangeant pour le récit français — que la grande majorité des civils qu’il connaît à Alep préfère le régime à l’opposition islamiste, parce que le régime, même brutal, leur garantit un semblant de vie quotidienne, alors que l’opposition islamiste les menace dans leur existence même. Il refuse l’idée que ce serait un amour du régime. Il parle d’un choix de survie. Cette nuance — choisir un régime par peur du pire — est cruciale. Elle est invisible dans la couverture française. Mais elle est centrale pour comprendre la dynamique réelle du conflit.
Pourquoi la France ne veut pas entendre
Pourquoi des témoignages comme celui du docteur Antaki sont-ils quasiment invisibles en France ?
Plusieurs raisons s’entrecroisent. D’abord, des choix éditoriaux de la presse française qui, depuis 2011, a fait de la cause syrienne anti-Assad une cause noble, et a refusé toute nuance qui viendrait l’affaiblir. Cette posture éditoriale n’est pas formellement coordonnée, mais elle est convergente entre la quasi-totalité des grandes rédactions. Chaque journaliste qui essaie d’introduire de la nuance se voit, en interne, freiné. Ceux qui persistent finissent dans les marges médiatiques.
Ensuite, des choix diplomatiques de la France qui, depuis 2012, a pris position pour l’opposition syrienne — sans toujours bien savoir laquelle —, a soutenu les sanctions, a fermé son ambassade à Damas, a refusé tout dialogue avec le régime. Cette position diplomatique se traduit, mécaniquement, par une lecture médiatique compatible : il n’est pas possible de présenter Assad comme partiellement défendable quand la diplomatie officielle de la République le présente comme intégralement diabolique. La cohérence narrative est demandée par l’État sans toujours être explicitement imposée.
Plus profondément, un piège intellectuel français. La gauche française, depuis Bernard Kouchner et la deuxième guerre du Golfe, s’est convertie au droit d’ingérence humanitaire comme grille de lecture des conflits étrangers. Cette grille suppose, par construction, un bon camp (les opprimés à libérer) et un mauvais camp (les oppresseurs à neutraliser). Elle est inadaptée aux guerres complexes où les opprimés et les oppresseurs sont multiples et entrelacés. La Syrie est exactement ce cas. Mais le réflexe gauche-humanitariste empêche de penser cette complexité. Du coup, on plaque la grille — Assad = oppresseur, opposition = opprimés — et on ignore tout ce qui ne rentre pas dans la case.
À droite, un autre piège. La droite française a, depuis 2003, basculé dans un atlantisme rénové, alignée sur Washington et plus encore sur Israël, et hostile aux régimes baathistes (Saddam Hussein hier, Bachar el-Assad aujourd’hui). Cette grille suppose que tout ennemi des États-Unis ou d’Israël est un ennemi à abattre. Elle ne distingue pas les nuances. Et elle empêche, à droite comme à gauche, l’écoute des voix syriennes qui défendent une autre lecture.
Cette double impasse française est singulière. D’autres pays européens — l’Allemagne par exemple — ont des couvertures bien plus nuancées du conflit syrien. Plusieurs journalistes allemands sérieux racontent les zones gouvernementales. Plusieurs analystes allemands évoquent la dimension multiconfessionnelle. La presse italienne aussi, par tradition de présence catholique au Levant, écoute davantage les voix chrétiennes orientales. La presse française, elle, vit dans une bulle. Et cette bulle se referme un peu plus à chaque année.
Le coût français de ne pas écouter
À court terme, ne pas écouter le docteur Antaki et ses pareils a un coût modéré. Ce coût est essentiellement intellectuel : la France se trompe sur ce qui se passe en Syrie, et donc se trompe partiellement sur la politique à mener. Erreur d’analyse, erreur de diplomatie. C’est gênant, mais pas catastrophique.
À moyen terme, le coût est plus lourd. Parce que les chrétiens d’orient, druzes, alaouites, et plus largement les minorités religieuses du Levant, constatent que la France ne les défend pas. Ils constatent que la France soutient une opposition qui, si elle gagnait, les balaierait. Ils constatent que la France parle des chrétiens d’orient dans les discours officiels (déclarations symboliques de Fabius, etc.) mais ne pèse pas dans les négociations diplomatiques pour les sauver. Cette constatation produit, au Levant, une perte de prestige diplomatique dont la France ne mesure pas encore l’ampleur. Cette perte est durable. Elle se traduira, plus tard, par moins d’influence, moins de contrats, moins de relations bilatérales, moins de souffle culturel.
À long terme, le coût est gravissime. Parce que la guerre syrienne, telle qu’elle se déroule, produit déjà — et produira de plus en plus — des vagues migratoires qui touchent l’Europe. Plus l’opposition islamiste avance, plus les chrétiens et les minorités fuient. Plus la guerre s’éternise, plus les déplacements internes s’amplifient et débordent vers la Turquie, la Jordanie, le Liban, puis vers l’Europe. La France pourra, dans cinq ans, dans dix ans, se trouver confrontée à un défi migratoire et identitaire massif, dont les racines sont dans le conflit qu’elle a refusé de penser sérieusement. Une politique étrangère mal pensée se paie cher à domicile. C’est l’une des grandes leçons des dernières décennies. Et la France de 2015 est en train de la réapprendre, sans même s’en rendre compte.
Trois intuitions pour penser autrement
Première intuition : pluraliser systématiquement les sources de terrain
Une politique étrangère sérieuse exige des sources de terrain pluralisées. Quand on couvre un conflit, il faut écouter toutes les parties, pas seulement celle qui correspond à la narration officielle. Cela suppose des investissements éditoriaux que la presse française n’a pas faits depuis longtemps — envoi de journalistes côté gouvernement syrien, intégration de témoins chrétiens d’orient dans les invités de plateaux, traduction systématique des sources syriennes pluralistes. Sans cette discipline, on continue à raconter une guerre depuis Paris, c’est-à-dire à partir de notre imaginaire — et notre imaginaire est plein de biais.
Deuxième intuition : sortir de la binarité oppresseur-opprimé
Les guerres modernes sont rarement binaires. La binarité oppresseur-opprimé, qui structure notre humanitarisme d’État depuis trente ans, est un piège analytique. Il faut accepter, en politique étrangère, que parfois il n’y a pas de bon camp, que parfois tous les camps sont sales, que parfois le moins mauvais choix est de soutenir un régime brutal contre une opposition pire. Cette maturité analytique est douloureuse. Mais elle est nécessaire. La diplomatie française du XXe siècle l’a, par moments, possédée (De Gaulle, Chirac sur l’Irak en 2003). Elle l’a perdue. Il faut la retrouver.
Troisième intuition : reconnecter avec les chrétiens d’orient
La France a, historiquement, un lien organique avec les chrétiens d’orient. Depuis les croisades, depuis les capitulations ottomanes, depuis le mandat sur la Syrie et le Liban dans l’entre-deux-guerres, la France était considérée — par les chrétiens orientaux eux-mêmes — comme leur protecteur naturel. Cette relation s’est érodée depuis trente ans. Aujourd’hui, en 2015, les chrétiens d’orient se sentent abandonnés par la France. Cette érosion n’est pas inévitable. Elle peut être renversée par une politique étrangère qui assume publiquement la défense de cette communauté — non pas au détriment des autres, non pas dans une posture chrétienne identitaire excluante, mais dans la continuité d’un engagement historique français qui a été un atout diplomatique majeur. Renouer ce fil serait intelligent. Cela passe par la parole, par les visites officielles, par l’aide humanitaire ciblée, par la diplomatie active dans les négociations. Aucun de ces leviers n’est aujourd’hui activement utilisé. Il faudra le faire.
Conclusion : entendre, sans encore conclure
Je termine en revenant au docteur Antaki, et en précisant ce que cette tribune ne dit pas. Elle ne dit pas que Bachar el-Assad est un bon dirigeant. Elle ne dit pas que le régime syrien est démocratique. Elle ne dit pas que l’opposition syrienne tout entière est islamiste. Elle ne dit pas qu’il faut soutenir Assad. Elle ne dit pas qu’il faut abandonner l’opposition. Elle ne dit rien de définitif sur la guerre syrienne, parce que je ne sais pas ce qu’il faut en penser de définitif — et ceux qui croient le savoir, à Paris, depuis leur bureau, se trompent presque certainement.
Cette tribune dit autre chose. Elle dit qu’en démocratie, écouter est un préalable à décider. Elle dit que la France de 2015 n’écoute pas suffisamment les voix syriennes de terrain qui contredisent sa narrative dominante. Elle dit que ce déficit d’écoute a des coûts intellectuels, diplomatiques, et à terme migratoires qu’on ne mesure pas. Et elle dit, modestement, qu’un médecin de soixante-dix ans à Alep mérite au moins d’être lu et entendu, avant qu’on tranche sur ce qu’il faut penser de son pays en guerre.
Lisez bien. La Syrie est complexe. Le Levant est complexe. Le monde est complexe. La France de 2015 a perdu, depuis vingt ans, sa capacité à penser cette complexité. Cette perte n’est pas définitive. Mais elle se paiera, à terme, par des erreurs de plus en plus coûteuses. Pour notre diplomatie, pour notre influence, pour notre capacité à accueillir les vagues migratoires qui viendront, pour notre place dans le monde. Penser autrement la politique étrangère française est l’un des grands chantiers à venir. Il commence ici. Il commence en écoutant ceux qu’on n’écoute pas. À commencer par les chrétiens d’orient qui meurent — pour beaucoup, en silence — pendant que nous regardons ailleurs.
Pour aller plus loin
- Entretiens du docteur Nabil Antaki — multiples publications 2013-2015 (en français)
- Frédéric Pichon — Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé, Éditions du Rocher, 2014
- Régis Le Sommier — Reportages Paris Match depuis Damas et Alep, 2013-2014
- Annie Laurent — Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ?, Salvator, 2014
- Jean-Pierre Filiu — Le Nouveau Moyen-Orient, Fayard, 2013 (perspective complémentaire, partiellement opposée à la précédente — bon pour la diversité d’analyses)
- Le Figaro — Couverture chrétiens d’Orient 2014-2015
- La Vie — Dossiers sur la Syrie chrétienne, 2014-2015
- Pierre Conesa — Hollande l’Africain. Quelle Realpolitik au Sahel et en Afrique ?, Éditions de l’Aube, 2014 (analyse plus large des erreurs d’analyse géopolitique françaises)
Tribune publiée au lendemain du partage public d’un témoignage venu directement d’Alep. Versée au corpus Coalition Nationale.
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