Je voulais attendre les cent jours, par discipline méthodologique. Ce 30 juillet 2017, nous y sommes presque : Emmanuel Macron a été investi le 14 mai, nous sommes au soixante-dix-septième jour de mandat plein. La trêve estivale qui s’ouvre offre, paradoxalement, le moment idéal pour faire le point. Les annonces des dernières semaines suffisent à dresser un constat. Les premiers projets de loi sont déposés. La trajectoire est lisible. Et elle est, je le dis sans détour, infiniment plus inquiétante que ce que la plupart des observateurs avaient anticipé.
Permettez-moi de poser une question simple. Si vous deviez nommer, à ce jour, un seul Français dont la vie a été matériellement améliorée par les soixante-dix-sept premiers jours de présidence d’Emmanuel Macron — pas une promesse, pas un cap fixé, pas un discours, mais une amélioration concrète, mesurable, palpable — pourriez-vous le faire ? Pour ma part, je cherche. Je ne trouve pas. Les retraités modestes ? Non, on leur a annoncé une hausse de CSG. Les fonctionnaires ? Non, gel des grilles indiciaires et rétablissement du jour de carence. Les jeunes ? Non, APL réduits de cinq euros par mois pour les bénéficiaires les plus précaires. Les automobilistes ? Non, hausse de la fiscalité du diesel programmée. Les classes moyennes salariées ? Non, suppression de l’ISF qui ne les concerne pas. Les habitants des territoires ruraux ? Non, fermeture annoncée de plusieurs centaines de bureaux de poste.
À l’inverse, posez la question retournée : si vous deviez nommer un Français dont la vie va être matériellement compliquée par ce qui s’annonce, en avez-vous plusieurs en tête ? Oui. Beaucoup. Plusieurs millions, en réalité. Et c’est ce déséquilibre — zéro vie améliorée, des millions de vies compliquées — qui dit l’essentiel de ce qui se joue depuis le 14 mai.
Le piège d’une élection mal lue
Reprenons depuis le début. Emmanuel Macron a été élu avec 66,1 % au second tour face à Marine Le Pen. Score important. Score apparemment massif. Mais score à interpréter avec prudence. Sur 47,5 millions d’électeurs inscrits, environ 25 % se sont abstenus, environ 7 % ont voté blanc ou nul. Le vote effectif Macron au second tour représente environ 43 % des électeurs inscrits — soit moins d’un Français en âge de voter sur deux. Et sur ces 43 %, une part substantielle — peut-être un tiers, peut-être plus — n’était pas un vote d’adhésion mais un vote de barrage contre Marine Le Pen. Si l’on retire cette part, le vote d’adhésion réel à Emmanuel Macron au second tour avoisine 30 % des inscrits. Ce n’est pas un raz-de-marée. C’est un mandat par défaut, d’une nature politique très particulière.
Que dit ce mandat ? Il dit aucun retour en arrière, et pas trop d’effets de mode. Il dit tenez nous au calme, réformez sans casser, réinventez sans choquer. C’est un mandat conservateur dans l’âme, paradoxalement, sous couvert d’un président qui parle d’audace et de transformation. Les Français qui ont voté Macron au second tour ont voté pour un signe d’arrêt : arrêter Le Pen, arrêter la radicalisation politique, arrêter le déclin perçu. Ils n’ont pas voté pour une révolution néolibérale en accéléré.
Or que fait Emmanuel Macron depuis le 14 mai ? Il prend ce mandat conservateur, et il en fait un mandat d’agitation maximale. Il ne lit pas les 66 % comme un signal de prudence : il les lit comme un blanc-seing. Il interprète une élection qui voulait l’arrêt comme une élection qui veut la rupture. Cette lecture est juridiquement défendable — un président élu a le droit d’agir — mais politiquement périlleuse. Elle suppose un crédit de confiance qu’il n’a pas vraiment, et elle s’expose à un effondrement de popularité dès les premiers chocs.
Les chiffres sont déjà là, d’ailleurs. À soixante-douze jours, sa cote de confiance baisse plus vite que celles de tous ses prédécesseurs depuis 1995. La presse internationale qui le portait aux nues en juin commence, en juillet, à publier ses premiers articles sceptiques. La presse française pose des questions de plus en plus directes. Et dans les conversations d’été, sur les places de marché, dans les terrasses, on entend monter quelque chose qu’on aurait cru retardé : une défiance précoce. Pas une colère encore. Une distance. Mais on sait, en politique, que la distance précède la colère.
L’imposture du « ni-ni »
La promesse fondatrice d’Emmanuel Macron, celle qui a fait sa victoire, tient en une formule : ni de droite, ni de gauche. Cette formule a séduit parce qu’elle correspondait à une fatigue réelle des Français vis-à-vis de l’alternance stérile entre PS et UMP, alternance qui n’avait produit, depuis vingt ans, ni transformation sérieuse ni récit national rassembleur. Le ni-ni macronien promettait un dépassement, une synthèse, un meilleur des deux mondes.
Soixante-dix-sept jours plus tard, le bilan factuel est limpide : le ni-ni est une fiction. La politique d’Emmanuel Macron est, dans son contenu, intégralement de droite libérale. Suppression de l’ISF (transformation en IFI sur l’immobilier seul). Mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital à 30 %. Baisse des cotisations salariales financée par une hausse de la CSG — donc transfert de fiscalité des actifs salariés vers les retraités. Réforme du Code du travail par ordonnances, avec un agenda calé sur les demandes du MEDEF : plafonnement des indemnités prud’homales, fusion des instances représentatives du personnel, élargissement des accords d’entreprise au détriment des branches. Baisse des APL pour les locataires les plus modestes. Hausse de fiscalité écologique sur le diesel. Coupes dans les budgets de la défense, de la culture, des collectivités territoriales.
Vous prendrez n’importe quel programme du parti républicain version Sarkozy 2012 ou Fillon 2017, et vous y trouverez 80 % de ces mesures. Ce n’est pas un programme de centre-gauche. Ce n’est même pas un programme de centre. C’est un programme de droite libérale, exécuté avec une discipline qu’aucun gouvernement de droite n’avait osé depuis le milieu des années 1990. Si Nicolas Sarkozy ou François Fillon avaient été élus en mai 2017, et s’ils avaient annoncé cet agenda à un mois de l’investiture, la rue aurait probablement été dans un état d’agitation comparable à 1995. Mais Emmanuel Macron, lui, passe en force en gardant une partie de la gauche socialiste neutralisée. Beau coup tactique. Coût stratégique à venir, à mon sens, important.
L’imposture du ni-ni, c’est cela : prendre un programme entièrement de droite et le faire accepter par une gauche qui se sent piégée. À court terme, c’est un tour de force. À moyen terme, c’est une bombe politique à retardement, parce qu’un président qui doit son élection à des voix de gauche et qui mène une politique de droite finit toujours par perdre les deux camps. Macron va se brouiller avec la gauche qui l’a fait élire par barrage, sans pour autant convaincre une droite qui ne reconnaît pas sa parole — sa promesse fondatrice étant le rejet justement de cette droite. Cette double rupture est inscrite mathématiquement dans la séquence. Elle se produira. Reste à voir quand.
Une violence sociale méthodique
Je voudrais m’arrêter sur quelques mesures précises, parce qu’elles disent quelque chose du style du nouveau pouvoir, au-delà de leur contenu strict.
Première mesure : la baisse des APL de cinq euros mensuels. En montant brut, c’est dérisoire — soixante euros par an pour les bénéficiaires concernés. Mais en symbole, c’est dévastateur. Les bénéficiaires d’APL au-dessous du seuil concerné sont, par construction, des Français parmi les plus modestes : étudiants pauvres, mères isolées, jeunes salariés précaires, demandeurs d’emploi sans famille. Aller chercher cinq euros par mois dans la poche de Français qui, justement, comptent leurs euros, alors qu’on supprime simultanément un impôt qui ne touche que les 0,8 % des Français les plus fortunés — c’est un message. Et le message est clair : on commence par les pauvres. Cette mesure aurait dû déclencher dans la classe politique une indignation transversale. Elle n’en a presque pas déclenchée. Et cette absence d’indignation est, elle aussi, un signal — sur l’état de la gauche française, en grande partie sidérée par sa propre défaite.
Deuxième mesure : la hausse de 1,7 point de CSG sur les retraités gagnant plus de 1 200 euros par mois. En valeur absolue, ce n’est pas non plus considérable — environ 20 euros par mois pour un retraité à 1 500 euros, jusqu’à plusieurs dizaines d’euros pour un retraité à 2 500 euros. Mais cette mesure brise un pacte générationnel implicite. Les retraités d’aujourd’hui ont cotisé toute leur vie en pensant qu’à la retraite, les contributions cesseraient ou se réduiraient. Leur augmenter brutalement la CSG, alors qu’ils n’ont aucune capacité de modifier leur revenu pour absorber le choc, c’est un acte de rupture avec une catégorie qui représente près d’un tiers du corps électoral français. Tactiquement, c’est risqué. Politiquement, c’est un séisme silencieux. On en mesurera l’ampleur dans deux ou trois ans.
Troisième mesure : la suppression de l’ISF. Le sujet a été énormément discuté, je n’y reviens pas dans le détail. Mais je veux souligner un point : la suppression de l’ISF n’est pas, en soi, indéfendable. Plusieurs économistes sérieux pensent que cet impôt avait des effets pervers (départ de capitaux, sous-investissement productif) et qu’il méritait d’être révisé. Le problème n’est pas la mesure, c’est son timing et son contexte. Supprimer l’ISF pendant qu’on baisse les APL des étudiants pauvres et qu’on augmente la CSG des retraités modestes, c’est offrir au camp adverse une image médiatique qu’on ne pourra plus jamais désamorcer. Le président des riches. Cette étiquette va coller à Emmanuel Macron pendant tout son quinquennat. Aucune communication ne pourra l’effacer. Et elle est, en partie, une étiquette injuste — parce que la politique macronienne contient aussi des éléments redistributifs. Mais cette étiquette est fabriquée par la séquence d’annonce, et elle va s’imprimer durablement dans le public.
Quatrième mesure, plus diffuse : le ton. Le ton de cette présidence. Les premières prises de parole d’Emmanuel Macron ont posé une grammaire qui est, à mon sens, contre-productive politiquement. Le mépris affiché à l’égard des partis politiques traditionnels. Le mépris des syndicats — je n’inviterai pas les corps intermédiaires à Versailles. Le ton de surplomb dans des entretiens où l’on parle des Français en général sans leur parler en particulier. La formule Premier de cordée. La formule gens qui ne sont rien. La formule jeunes Françaises analphabètes. Ces formules, prises isolément, peuvent toutes se justifier en contexte. Mais leur accumulation crée une image présidentielle d’arrogance technocratique qui n’aidera pas, le jour où les sondages se retourneront vraiment.
L’absence de récit
Au-delà des mesures, ce qui frappe à cent jours, c’est l’absence de récit. Emmanuel Macron est entouré d’une équipe brillante : énarques, polytechniciens, sciences-po, anciens du privé, jeunes cadres formés au reformatage technique des politiques publiques. Cette équipe est compétente. Trop, peut-être. Elle produit des réformes calibrées, chiffrées, présentables. Mais elle ne produit pas, à ce stade, ce dont un pays a vraiment besoin pour accepter des transformations : un récit. Une histoire que les Français peuvent se raconter pour comprendre ce qu’on leur demande et pourquoi.
Quel est le récit Macron ? Il n’est pas évident. La France start-up ? Trop étroit. La France ouverte sur le monde ? Trop vague. La République en marche ? Slogan d’un parti, pas projet d’un pays. Le travail libéré ? Mécanique RH, pas vision. L’Europe puissance ? Belle idée, mais qui parle uniquement aux cadres parisiens et aux chefs d’entreprise. Le récit fédérateur, celui qui permettrait à un agriculteur de la Creuse, à un caissier de l’Île-de-France, à une infirmière de Lille, à un retraité de Marseille, à un jeune diplômé de Toulouse de se reconnaître dans la même histoire — ce récit n’existe pas.
Cette absence, à long terme, est mortelle. Parce que les transformations économiques annoncées sont dures, et qu’elles vont, sur la durée, demander un consentement à la population. Ce consentement ne s’obtient pas par les chiffres. Il s’obtient par le récit. Sans récit, les réformes deviennent des chocs. Et les chocs s’accumulent en pétrolette politique, qui finit par exploser. Tous les présidents l’ont appris à leurs dépens : Chirac en 1995, Sarkozy en 2010, Hollande en 2014. Macron y arrive plus vite que les autres, parce qu’il n’a pas, dès le départ, le contre-poids d’une majorité parlementaire forgée dans une vraie expérience politique.
Le piège de la disruption permanente
Un mot, enfin, sur la méthode macronienne. Le président a expliqué, à plusieurs reprises depuis mai, qu’il entendait transformer la France en cinq ans. Réforme du Code du travail en septembre. Réforme de l’assurance chômage début 2018. Réforme de la formation professionnelle en 2018. Réforme des retraites en 2019. Réforme constitutionnelle annoncée. Plus la suppression de la taxe d’habitation, plus la refonte des collectivités locales, plus la transformation de l’audiovisuel public, plus la réforme de l’État. Cet agenda est gigantesque. Aucun président de la Ve République n’a tenté autant en aussi peu de temps.
L’ambition est respectable. Mais la capacité d’absorption d’un pays a des limites. Si vous changez tout en même temps, vous ne changez rien — parce que la société ne suit pas, parce que les administrations s’épuisent, parce que les conflits sociaux se cumulent au lieu de se traiter un par un. Cette disruption permanente est une erreur stratégique. Toute organisation expérimentée sait qu’on ne transforme jamais une grande institution sur tous les fronts simultanément. On choisit deux ou trois chantiers. On les mène sérieusement. On les boucle. On en tire les leçons. On passe aux suivants. Macron veut tout faire d’un coup. Il finira par faire mal beaucoup de choses, et par produire l’inverse de ce qu’il promet.
Sur ce point, il y a quelque chose à apprendre, je le dis, des pays qui ont réussi des transformations majeures dans les dernières décennies. Tous, sans exception, ont procédé par séquences calibrées. Singapour s’est transformée en quarante ans, pas en cinq. La Corée du Sud, en cinquante. Plus récemment, certains États moyen-orientaux qui ont engagé des transformations spectaculaires depuis les années 2000 l’ont fait en suivant des plans à quinze ans, vingt ans, trente ans, avec des étapes séquencées, des fenêtres de stabilisation, et des mécanismes d’apprentissage. La France, à l’inverse, choisit l’accumulation simultanée. C’est un style. C’est aussi un risque. Pour les Français qui vont subir ces réformes mal préparées, le coût va être réel.
Trois intuitions pour la suite
Première : la fracture sociale arrive plus vite qu’on ne le pense
L’accumulation de mesures qui pèsent sur les modestes et les classes moyennes basses, conjuguée à des allègements ostensibles sur les patrimoines élevés, prépare une fracture sociale de grande ampleur. Elle ne se manifestera pas en 2017 — les Français digèrent. Elle ne se manifestera pas pleinement en 2018. Mais elle se manifestera, sous une forme ou une autre, à partir de 2018-2019. Ce sera une crise sociale d’un type nouveau, parce qu’elle ne sera pas portée par les syndicats ou les partis classiques — ils ont été méthodiquement neutralisés ou marginalisés — mais par des formes inédites, probablement hors cadre. Je ne sais pas quelle forme elle prendra. Je sais qu’elle prendra forme.
Deuxième : la classe politique traditionnelle est plus morte qu’on ne le mesure
Le PS est en miettes. LR est dans une crise de leadership ouverte. Le PCF n’existe presque plus. Les Verts cherchent leur place. La France insoumise occupe l’espace mais reste un mouvement de témoignage plus que de pouvoir. Le FN, sous Marine Le Pen, gère sa défaite. Cette désintégration de l’offre politique traditionnelle ouvre un vide stratégique gigantesque. Macron occupe ce vide, mais il l’occupe par défaut, et son mandat ne suffira pas à le combler durablement. Au moment où il s’usera — et il s’usera —, le vide sera plus béant qu’aujourd’hui. Et il appellera autre chose. Une autre proposition politique. Qui n’existe pas encore. Qui devra exister.
Troisième : il faut commencer à penser ce qui vient après
Je sais que c’est tôt — soixante-dix-sept jours, c’est un grain de sable dans un quinquennat. Mais les choses sérieuses se préparent tôt. Et ce qui se prépare, à mon avis, c’est l’après-Macron, plus que Macron lui-même. Ce qui devra venir après Emmanuel Macron — et cela arrivera, sous une forme ou une autre, en 2022 ou 2027 — c’est une autre voie. Une voie qui ne sera ni la nostalgie des Trente Glorieuses (ce que cherche encore une partie de la gauche), ni le repli identitaire (ce que vendra encore le FN), ni la fuite en avant technocratique néolibérale (ce qu’incarne Macron). Une voie qui parle au pays tel qu’il est, qui propose un cap, qui assume des arbitrages, qui parle aux Français de souche comme aux Français issus de l’immigration récente, qui prend au sérieux les questions économiques sans abdiquer les questions sociales, et qui pose la question identitaire calmement — sans peur et sans complaisance. Cette voie n’a pas encore de visage. Elle aura des visages, à l’approche de la prochaine présidentielle. Ces visages ne seront probablement pas, à mon sens, ceux des partis classiques. Ils émergeront de l’extérieur du système — comme Macron lui-même est émergé, paradoxalement, du système au moment où il prétendait le dépasser. La prochaine génération devra émerger pour de vrai.
Conclusion : tenir le quinquennat à venir
Les cinq années qui viennent seront longues. Je le pressens, et je veux le poser noir sur blanc dès maintenant. Elles seront longues parce que la dissonance entre le mandat reçu et la politique menée va se creuser. Elles seront longues parce que les réformes s’accumuleront sans récit pour les porter. Elles seront longues parce que la chaîne de méprise — le mépris affiché à l’égard des contre-pouvoirs et des corps intermédiaires — va produire une défiance institutionnelle dont nous n’avons pas idée du coût futur.
Pour tenir cette période, plusieurs choses sont nécessaires. Tenir, d’abord, intellectuellement : continuer de documenter ce qui se passe, mesure par mesure, à froid, sans céder à la passion ni à la résignation. Tenir, ensuite, civiquement : continuer de voter, continuer de s’engager dans des associations, continuer de soutenir une presse libre, continuer de demander des comptes. Tenir, enfin, en pensant à demain : commencer à esquisser, à voix basse mais avec sérieux, ce que pourrait être une autre politique française, ni macronienne ni lepéniste, ni nostalgique ni technocratique. Cette esquisse mettra du temps. Elle se fera à plusieurs. Elle se fera dans des cercles dispersés, dans des essais, dans des conversations, dans des rencontres. C’est cela qui compte vraiment, à mes yeux, à l’horizon des cinq ans qui viennent.
Lisez bien. Emmanuel Macron n’a, à ce jour, amélioré la vie d’aucun Français en particulier. Il s’apprête à compliquer celle de plusieurs millions. Cette équation n’est pas tenable politiquement. Elle se réglera, d’une manière ou d’une autre. Notre rôle, à nous qui regardons depuis nos sièges d’observateurs, est de ne pas se mentir sur la nature de la séquence, et de préparer dès maintenant ce qui devra remplacer ce qu’on est en train de mal faire. Le travail est devant nous. Il commence aujourd’hui.
Pour aller plus loin
- Le Monde — Bilan des 100 jours de la présidence Macron, juillet 2017
- Les Échos — Dossier réforme du Code du travail par ordonnances, été 2017
- INSEE — Niveau de vie des ménages selon le décile de revenu, étude 2017
- Conseil d’analyse économique — Évaluations préliminaires de la réforme fiscale de 2017
- Jérôme Sainte-Marie — Le nouvel ordre démocratique, Plon, 2015 (lecture utile pour la grille de l’élection 2017)
- Pierre Rosanvallon — Le bon gouvernement, Seuil, 2015
- Cour des comptes — Rapport sur les finances publiques, juin 2017
Tribune publiée à la sortie de la trêve estivale 2017, après les premières annonces du nouveau gouvernement Philippe. Versée au corpus Coalition Nationale.
Commentaires et débats
Connectez-vous pour commenter.
Soyez le premier à ouvrir un débat, à contribuer et à commenter.