Tribune · 24 juillet 2016

Munich, ou le réflexe médiatique de l’attentat islamiste devenu programme

Rétrospective

Vendredi soir, 22 juillet 2016, vers 17h52, un jeune homme âgé de dix-huit ans ouvre le feu dans le centre commercial Olympia (OEZ) à Munich. Il tue neuf personnes — la plupart des adolescents, plusieurs Allemands d’origine kosovare, turque et grecque — puis se suicide. Dans les heures qui suivent, l’ensemble de la presse française annonce, sans aucune réserve, un attentat terroriste islamiste. BFM-TV, i-Télé, France 2, France 24, Le Monde, Le Figaro, Libération — toutes ces rédactions tiennent en direct l’angle terroriste islamiste. Plusieurs « experts du djihadisme » sont invités en plateau. Les chaînes parlent du « troisième attentat majeur en quinze jours en Europe » — après Nice (14 juillet) et la prise d’otages de Saint-Étienne-du-Rouvray (qui n’a pas encore eu lieu, mais Würzburg du 18 juillet). On évoque Daech. On évoque la cellule allemande. On évoque les conséquences pour Angela Merkel et sa politique migratoire. Le récit se construit en direct, avant même que les faits soient établis.

Le lendemain matin, samedi 23 juillet, à 10h14, la police bavaroise tient sa conférence de presse. Conclusion factuelle : le tireur est un Allemand d’origine iranienne, de confession chiite (donc absolument pas dans la mouvance sunnite djihadiste), motivé par une idéologie néonazie inspirée d’Anders Breivik dont il commémorait le cinquième anniversaire de l’attaque norvégienne (22 juillet 2011). Pathologie psychiatrique avérée. Aucun lien avec l’islamisme. Aucun lien avec Daech, ni avec aucune organisation islamiste. Le mobile est l’extrême droite, le racisme anti-immigrés, et l’imitation de Breivik. Le dossier, dans le langage policier, est clos sur cette dimension.

Cette inversion entre la narration des premières heures et la réalité documentée est un événement médiatique majeur qui mérite, à mes yeux, qu’on s’y arrête deux secondes. Pas parce qu’il s’agit d’un cas isolé — il ne l’est pas. Mais parce qu’il révèle, avec une netteté rare, un mécanisme qui structure depuis longtemps la couverture médiatique des violences en Europe, et qui produit des effets politiques durables, dont je voudrais essayer de poser le diagnostic.

Comment se fabrique un récit en direct

Reprenons la séquence du vendredi soir, parce qu’elle est instructive. À 18h00, une heure après les premiers tirs, on ne sait pratiquement rien. On sait qu’il y a un ou plusieurs tireurs (le nombre n’est pas confirmé pendant plusieurs heures), qu’il y a des morts (le nombre fluctue), que c’est à Munich. Rien de plus.

À ce stade, qu’aurait dit un média sérieux ? Quelque chose comme : Attaque en cours à Munich, plusieurs morts, motif inconnu, police bavaroise en intervention, prudence dans l’attente d’informations vérifiées. Cela aurait été l’attitude d’une rédaction qui respecte ses spectateurs.

Qu’ont dit, en réalité, les médias français ? Quelque chose comme : Attaque terroriste à Munich, plusieurs morts, on évoque la piste islamiste. La piste islamiste a été immédiatement nommée alors que rien — absolument rien — ne l’établissait à ce moment. C’est cette nomination immédiate qui pose problème. Elle n’est pas neutre. Elle n’est pas innocente. Elle est le résultat d’un réflexe profond installé dans les rédactions : quand on tire en Europe, c’est probablement un islamiste.

Ce réflexe a une histoire. Il s’est construit par strates depuis 1995 (Khaled Kelkal en France), s’est aggravé après le 11 septembre 2001, puis après Mohammed Merah en 2012, puis après Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher, Bataclan, Nice. Chaque attentat réellement islamiste a renforcé le réflexe. Chaque attentat qui se révèle ne pas être islamiste — et il y en a, plus nombreux qu’on ne croit — n’a pas affaibli le réflexe. Parce que les rétractations médiatiques arrivent toujours après, toujours dans un silence relatif, toujours sans la même intensité émotionnelle que les premières heures.

Cette asymétrie entre la narration initiale et la rétractation crée un effet cumulatif dans le public. Le public moyen retient les soupçons des premières heures. Il ne retient pas, ou peu, les corrections du lendemain. Et il finit, statistiquement, par croire que la plupart des attentats en Europe sont islamistes. Ce qui est, factuellement, vrai sur la décennie en cours, mais avec des nuances importantes : les motivations néonazies, suprémacistes blanches, séparatistes, psychiatriques, vengeresses-personnelles existent toutes, et représentent une part non négligeable des violences. Cette part est invisible parce que les rédactions ne corrigent pas leur premier réflexe avec la même énergie qu’elles l’ont énoncé.

Le tireur de Munich n’était pas un fait divers isolé

Ali Sonboly, le tireur de l’OEZ de Munich, est l’incarnation d’un phénomène montant en Europe que les médias français préfèrent ne pas traiter sérieusement : le terrorisme d’extrême droite, suprémaciste blanc, anti-immigrés, parfois néonazi. Ce terrorisme-là tue moins, en valeur absolue, que le terrorisme islamiste en Europe sur la période 2010-2016 — c’est un fait. Mais il existe, il s’organise, il s’amplifie, et surtout il anticipe probablement une vague future plus large.

Quelques faits, depuis 2011, que je rappelle : Anders Breivik (Norvège, 22 juillet 2011, 77 morts dont 69 jeunes), Pavlos Fyssas (Grèce, 2013, assassiné par un militant Aube dorée), David Copeland (Royaume-Uni, attentats 1999, l’archétype), les meurtres en série du NSU allemand entre 2000 et 2007 (Nationalsozialistischer Untergrund, dix victimes, dont neuf d’origine turque et kurde, plus une policière, dossier qui n’a véritablement émergé qu’en 2011). Plus récemment, en 2016 : Thomas Mair qui assassine la députée travailliste britannique Jo Cox une semaine avant le référendum Brexit (16 juin 2016) — Mair a crié Britain first en frappant Jo Cox. Et maintenant, en juillet 2016, Ali Sonboly à Munich, dans la commémoration symbolique de Breivik.

Chacun de ces cas a été couvert par la presse française avec une intensité émotionnelle moindre que les attentats islamistes commis sur le sol européen. Combien d’entre vous se souviennent du nom de Thomas Mair, l’assassin de Jo Cox, dont le procès se tiendra l’automne prochain ? Combien d’entre vous connaissent en détail le dossier NSU allemand, qui est pourtant un des plus graves scandales sécuritaires de l’Allemagne récente ? Combien d’entre vous ont entendu parler, en plateau de prime-time, de la montée des groupuscules néonazis dans l’est de l’Allemagne, en Hongrie, en Bulgarie, dans certaines périphéries scandinaves, dans certaines régions de l’ouest américain dont les groupes inspirent de plus en plus les Européens ? La réponse honnête, pour la plupart d’entre nous, c’est : peu. Pas zéro. Mais infiniment moins que tout ce qu’on entend sur l’islamisme.

Cette dissymétrie de couverture est un problème démocratique. Pas parce qu’il faudrait minimiser la menace islamiste — elle est réelle, elle est documentée, elle a coûté des centaines de vies européennes ces deux dernières années. Mais parce qu’il faut aussi voir ce qui monte en parallèle. Les violences politiques en Europe, au moins jusqu’aux années 1990, étaient majoritairement issues de l’extrême gauche révolutionnaire (Brigades rouges italiennes, Action directe française, RAF allemande). Aujourd’hui, en 2016, le centre de gravité a basculé : islamisme djihadiste en première position, suprémacisme blanc en deuxième position et qui monte, extrême gauche en chute libre. Ce basculement structurel mérite d’être couvert, étudié, anticipé. Il ne l’est pratiquement pas.

Pourquoi ce réflexe ?

Pourquoi les rédactions françaises annoncent-elles immédiatement attentat islamiste avant tout fait établi ? Plusieurs raisons s’entrecroisent.

D’abord, un réflexe statistique non honteux. Sur la période 2014-2016, en effet, les attentats majeurs en Europe occidentale sont majoritairement islamistes. Si vous deviez parier sans information, vous parieriez sur l’islamisme. C’est du raisonnement bayésien implicite, et il n’est pas, en soi, condamnable. Le problème commence quand le pari devient affirmation, avant vérification.

Ensuite, un effet d’agenda éditorial. Les rédactions ont, ces deux dernières années, investi massivement dans la couverture du djihadisme : équipes spécialisées, experts sous contrat, contacts dans les milieux du renseignement. Ce dispositif coûte cher. Il a besoin de tourner. Quand un attentat survient, cette infrastructure est mobilisée par défaut — même quand l’événement n’est pas islamiste. Et l’infrastructure produit ce pour quoi elle a été conçue : du contenu sur le djihadisme. C’est un biais de dispositif, pas une mauvaise foi.

Plus profondément, un biais cognitif culturel. Dans la culture politique française et plus largement occidentale des années 2010, l’islamiste est devenu la figure de la menace par excellence. Il a remplacé, dans l’imaginaire collectif, le communiste (figure dominante 1945-1990), le terroriste rouge (figure des années 1970-80), le narcotrafiquant latino (figure des années 90). À chaque époque, la culture occidentale a un ennemi-type dont la silhouette structure la perception médiatique des événements. Aujourd’hui, c’est l’islamiste. Et tant qu’il occupe cette place, tous les événements violents inattendus en Europe sont, dans le premier réflexe, lus à travers cette grille.

Enfin, un agenda politique extérieur qui pèse, qu’on le veuille ou non, sur les rédactions. Plusieurs grands groupes médiatiques sont possédés par des actionnaires dont les positions politiques personnelles sont marquées (à droite ou à l’extrême droite, dans plusieurs cas en France et en Europe). Ces positions personnelles n’imposent pas une ligne éditoriale stricte, mais elles biaisent la sélection des sujets, des angles, des invités, des proportions. La couverture du terrorisme suit, partiellement, ces inclinaisons politiques. C’est documenté dans plusieurs travaux universitaires sur la concentration médiatique. Et cela contribue, à la marge, mais réellement, au réflexe que je décris.

Les conséquences politiques d’un réflexe

Ce réflexe médiatique a des conséquences politiques majeures qui, à mes yeux, méritent d’être comptées.

Première conséquence : la nourriture de l’extrême droite politique. Le Front National, Reconquête bientôt (s’il émerge), tous les partis identitaires européens — se nourrissent du fait que la perception publique exagère l’omniprésence islamiste. Cette exagération sert leur agenda. Plus on annonce islamiste avant vérification, plus le public croit que l’islam est partout et menaçant, plus l’électorat bascule vers les partis qui prétendent protéger l’identité nationale. Cette mécanique électorale est documentable. Elle se mesure dans les corrélations entre couverture médiatique anxiogène et progression des intentions de vote FN. Les rédactions ne sont pas conscientes de leur rôle dans cette mécanique. Elles devraient l’être.

Deuxième conséquence : l’assignation collective des Français musulmans. Chaque fois qu’on annonce attentat islamiste avant vérification, les sept millions de Français de confession ou de culture musulmane sont, symboliquement, mis en accusation. La plupart ne le ressentent pas explicitement à chaque fois — la fatigue est ancienne. Mais ils le ressentent cumulativement. Et cette assignation collective produit, à la marge, des effets concrets : repli identitaire, méfiance vis-à-vis des institutions, parfois radicalisation d’une minorité minuscule. Les mêmes effets que je décris depuis 2015 dans d’autres tribunes. Le réflexe médiatique fait partie du mécanisme global de fabrication du séparatisme — pas en cause unique, mais en facteur contributif réel.

Troisième conséquence : la déformation de notre lecture stratégique. Si nous croyons que toutes les violences européennes sont islamistes, nous concentrons nos moyens sur la lutte antidjihadiste au détriment de la surveillance des extrêmes droites suprémacistes, du terrorisme isolé psychiatriquement déclenché, des violences politiques d’autres natures. Or les ressources de renseignement et de police sont limitées. Mal allouées, elles laissent des trous. Ces trous se révéleront, dans les années à venir, par des attentats non islamistes qui prendront tout le monde par surprise. C’est arrivé à Christchurch en mars 2019 (en avance temporelle, je prends le pari ici à l’été 2016). C’est arrivé à Halle en Allemagne en 2019. C’est arrivé à Hanau en 2020. C’est arrivé à Buffalo en 2022. Cela arrivera en France aussi, à un moment, et les services de renseignement français — au prix d’une réorientation lente — devront s’adapter. Ils auraient pu commencer plus tôt.

L’instinct de rétractation manquant

Je voudrais ouvrir un dernier point, peut-être le plus important.

Quand un média annonce attentat islamiste et qu’il s’avère, six heures plus tard, que ce n’en est pas un, que se passe-t-il ? En théorie, le média devrait rétracter publiquement, avec une visibilité comparable à l’annonce initiale, en expliquant ce qui a été dit, pourquoi cela a été dit, et pourquoi c’était faux. C’est ce qu’on appelle, en déontologie journalistique sérieuse, la correction visible.

Que se passe-t-il en pratique ? Les médias publient en bas de page ou en troisième sujet du bulletin une dépêche brève : Le tireur de Munich serait finalement un déséquilibré sans lien avec l’islamisme. Pas de mea culpa éditorial. Pas de retour critique sur les premières heures. Pas de questionnement sur le réflexe. On passe à autre chose. Et le réflexe initial reste, dans l’esprit du public, comme la première impression.

Cette asymétrie d’intensité entre l’erreur et la correction est fondamentale. C’est elle qui produit le coût démocratique du réflexe. Un système médiatique qui se rétracterait avec la même intensité qu’il a affirmé serait autocorrecteur. Un système médiatique qui annonce fort et rétracte faible accumule des erreurs perçues comme vérités dans l’esprit du public, sur des années, sur des décennies. C’est l’état actuel du système français en 2016. Il est gravement défectueux sur la déontologie de la correction.

Trois intuitions pour penser autrement

Première : exiger la sobriété en temps réel

Les médias devraient s’engager publiquement à ne pas qualifier l’idéologie d’un attentat avant qu’elle soit établie par les autorités policières et judiciaires. C’est une discipline simple, qui n’empêche pas de couvrir l’événement, mais qui interdit les pronostics idéologiques. Cette discipline existe dans plusieurs traditions médiatiques sérieuses (Reuters, AP, certains organes britanniques). Elle n’existe pas en France. Elle devrait. Un code de déontologie professionnelle, voire — j’ose le mot — un cadre réglementaire de l’ARCOM (qu’il faudra peut-être transformer demain en un organe plus puissant), pourrait l’imposer.

Deuxième : développer la couverture du terrorisme suprémaciste blanc

La presse française doit se doter d’experts du terrorisme d’extrême droite européen et américain. Pas un journaliste sur dix qui couvre l’islamisme. La quasi-totalité de la couverture se fait par renvoi à des chercheurs anglo-saxons. C’est inacceptable pour une grande démocratie d’opinion. Il faut des spécialistes français formés, présents en plateau régulièrement, capables d’éclairer les phénomènes en cours. Sans cela, on continuera de découvrir avec retard ce qui monte sous nos yeux.

Troisième : restaurer la confiance par la correction visible

Les rédactions qui auront, dans les années qui viennent, le courage de se corriger publiquement — avec le même format, le même format de plateau, le même temps d’antenne que l’erreur initiale — auront un avantage compétitif. Parce que le public, lassé des biais, va peu à peu se détourner des rédactions qui n’assument pas leurs erreurs. La confiance se rebâtit par la transparence. C’est un investissement de long terme, mais c’est le seul qui paie. Et c’est, j’en prends le pari, le différentiel principal qui distinguera les rédactions survivantes dans dix ans des rédactions disparues.

Conclusion : tirer la leçon de Munich

Munich vendredi soir n’aurait pas dû être annoncé comme un attentat islamiste avant vérification. Il l’a été. Toutes les grandes rédactions françaises l’ont fait. Aucune ne s’est, à ce jour, publiquement excusée. Aucune n’a rendu compte de son réflexe. Aucune n’a engagé une réflexion interne sur les biais qui ont produit cette annonce erronée.

Cela aurait dû être un événement journalistique majeur. Ça ne l’a pas été. Et c’est précisément cette non-prise en compte du raté qui garantit qu’il se reproduira. Au prochain attentat, qu’il soit en France, en Allemagne, en Belgique, en Italie, on rejouera la même séquence. Annonce islamiste. Plateau immédiat. Vérifications minimales. Correction tardive dans le silence. Et le public, encore une fois, gardera en mémoire la première impression.

Je l’écris ici pour qu’on en garde trace. Le 22 juillet 2016, à Munich, la presse française a annoncé un attentat islamiste qui n’en était pas un. Le 23 juillet, la police bavaroise a clos le dossier en quelques heures. Aucune correction sérieuse n’a été faite dans les rédactions. Et ce silence, à mes yeux, est l’événement réel de ces deux journées. Pas l’attaque elle-même — terrible, mais limitée en ampleur statistique. La machine médiatique qui s’est mise en route, qui a produit une fausse vérité, et qui n’a pas pris la peine de la corriger.

Cette machine continuera. Sauf intervention politique extérieure pour la réformer. Cette intervention politique n’est, en juillet 2016, à l’ordre du jour d’aucun parti. Elle devrait l’être. Elle le sera, à un moment ou un autre, parce que les démocraties européennes ne tiennent pas indéfiniment sur un système médiatique aussi biaisé. Mais d’ici là, beaucoup de premières impressions auront été imprimées dans les esprits, beaucoup d’imaginaires auront été déformés, beaucoup d’élections auront été influencées. Et le coût démocratique sera lourd à rattraper.

Bref. Munich n’était pas un attentat islamiste. Je le rappelle, parce que je sais qu’on aura tendance à l’oublier. Et que dans dix ans, sur les plateaux, l’événement aura disparu de la mémoire collective comme s’il n’avait jamais eu lieu. Tenons-en archive ici. Pour plus tard.

Pour aller plus loin

  • Conférence de presse de la police bavaroise, 23 juillet 2016 (texte intégral en allemand, traductions disponibles)
  • Reportage Der Spiegel — Profil d’Ali Sonboly, juillet-août 2016
  • Le Monde Diplomatique — Dossier sur le terrorisme d’extrême droite européen, 2016
  • Rapport NSU — Synthèse en français des conclusions de l’enquête allemande, 2014
  • Centre d’analyse du terrorisme (CAT) — Rapports annuels sur les violences politiques en Europe
  • Reporters sans frontières — Bilans annuels sur la qualité du journalisme en Europe
  • Marc Lits — La déontologie journalistique en pratique, Presses universitaires de Louvain, 2014
  • Pierre Conesa — La fabrication de l’ennemi, Robert Laffont, 2011

Tribune publiée deux jours après la tuerie de Munich, en réaction à la séquence médiatique des 22-23 juillet 2016. Versée au corpus Coalition Nationale.

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