Doublement des budgets d'aide à la création contemporaine : résidences d'artistes, bourses d'écriture, premières œuvres, scènes émergentes. Critères transparents, jurys renouvelés, lutte contre la rente institutionnelle. Soutien priorisé sur les artistes émergents et la diversité géographique : sortir Paris du monopole de la prescription.
La création artistique française vit une situation paradoxale. D’un côté, des institutions publiques solides (CNC pour le cinéma, CNL pour le livre, CNM pour la musique, FNAGP pour les arts plastiques) qui distribuent environ 1 Md€/an d’aides à la création. De l’autre, une concentration croissante de ces aides sur des artistes établis disposant des codes administratifs et des réseaux pour candidater efficacement, au détriment des artistes émergents qui ont moins accès. Les budgets dédiés à la création contemporaine émergente restent insuffisants : moins de 200 M€/an cumulés pour les premières œuvres, résidences d’artistes, scènes émergentes, bourses aux jeunes créateurs. Cette concentration produit une rente institutionnelle documentée et un risque d’appauvrissement créatif à terme.
Doublement des budgets d’aide à la création contemporaine émergente, soit un effort additionnel de 200 M€/an, fléchés selon une grille opposable et publique : (1) Résidences d’artistes — multiplication par 3 du nombre de résidences financées dans tous les domaines (arts plastiques, écriture, théâtre, musique, danse, photographie, vidéo, design), répartition territoriale équitable et non centrée Paris, (2) Bourses d’écriture et de création — montants revalorisés (en cohérence avec la baisse de la fiscalité talents M2.3, le coût de la vie d’un artiste émergent doit être couvert pendant la phase de création).
(3) Soutien aux premières œuvres — premier film, premier roman, première exposition personnelle, premier album, premier spectacle : aide spécifique à l’entrée dans le métier, (4) Scènes émergentes — salles de spectacle de moins de 500 places, librairies indépendantes (cohérence M16.2 pass culture), galeries d’art émergentes, festivals régionaux. Critères transparents et opposables, jurys renouvelés (mandat 3 ans non renouvelable), critères de priorité : diversité géographique (sortir le monopole parisien de la prescription culturelle), diversité sociale, diversité des esthétiques.
Articulation avec le Pass Culture Universel (M16.2) qui irrigue la demande, avec les médias publics fusionnés (M16.3) qui mettent en avant les créations émergentes, avec l’exception culturelle (M16.4). Lutte contre la rente institutionnelle qui s’est installée par captation administrative des grands réseaux. Sortir Paris du monopole de la prescription : la création émergente la plus vivante est aujourd’hui dispersée sur le territoire et mal soutenue. La culture ne se planifie pas mais elle se cultive — le rôle de l’État est de fournir l’oxygène, pas de dicter les œuvres.
Doublement des budgets d’aide à la création contemporaine : résidences d’artistes, bourses d’écriture, premières œuvres, scènes émergentes. Critères transparents, jurys renouvelés, lutte contre la rente institutionnelle. Soutien priorisé sur les artistes émergents et la diversité géographique : sortir Paris du monopole de la prescription.
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