Doter la France d'une véritable défense spatiale militaire : surveillance de l'espace, protection des satellites souverains et capacité d'action dans le respect du droit, l'espace étant devenu un milieu de confrontation à part entière.
L’espace est désormais un milieu de confrontation : armes anti-satellites testées par plusieurs puissances, manœuvres d’approche hostiles en orbite, brouillage, espionnage et saturation. La France dépend de ses satellites souverains pour le renseignement (CSO), les communications (Syracuse) et l’écoute (CERES), mais le Commandement de l’espace, créé en 2019, reste sous-doté au regard de l’enjeu. Sans capacité de surveillance et de protection, ces actifs critiques sont vulnérables, et avec eux toute la chaîne de commandement et de renseignement des armées.
Doctrine et capacités de défense spatiale militaire, articulées en quatre volets. (1) Surveillance de l’espace — montée en puissance des moyens de connaissance de la situation spatiale (radars, télescopes, capteurs), pour détecter, caractériser et attribuer les menaces en orbite. (2) Protection des satellites souverains — durcissement, agilité orbitale, redondance et capteurs d’auto-protection des constellations de renseignement, communication et écoute, en lien avec la BITD spatiale (M5.5).
(3) Capacité de réponse — moyens défensifs et, dans le strict cadre du droit international, capacité d’action pour préserver la liberté d’usage de l’espace, sous contrôle politique. (4) Souveraineté d’accès — préservation d’un accès autonome à l’espace (lanceurs) comme condition de toute politique spatiale militaire crédible, en cohérence avec l’effort budgétaire (M5.1) et le continuum avec la défense sol-air et anti-drones (M5.15). L’espace conditionne aujourd’hui la supériorité informationnelle des armées : le défendre n’est plus une option.
Doter la France des moyens de surveiller, protéger et, si nécessaire, défendre ses intérêts dans l’espace, devenu un champ de confrontation stratégique.
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