Faire du CFIH l'instrument de projection humanitaire de la France : modules certifiés dans le pool européen de protection civile, équipes de sauvetage aux standards des Nations unies, déploiement sur décision du gouvernement à la demande d'un État frappé ou d'une organisation internationale. Les recrues ne sont projetées qu'après validation par leur hiérarchie. Les missions sont cofinancées par l'Union européenne et, lorsque c'est possible, par les partenaires.
Le mécanisme de protection civile de l’Union, créé en 2001, a été activé plus de 600 fois pour répondre à des urgences dans l’Union et au-delà. Lorsque les capacités engagées dans le pool européen sont déployées hors de l’Union, l’Union finance jusqu’à 75 % de leurs coûts de transport (décision (UE) 2019/420). D’autres pays européens en ont fait un instrument d’influence : le Technisches Hilfswerk allemand est intervenu dans plus de 130 pays, et la Suisse dispose depuis 1973 d’un corps de milice, devenu en 2001 le Corps suisse d’aide humanitaire, rattaché à sa coopération au développement.
Dans le même temps, la France réduit sa présence. Les crédits de la mission Aide publique au développement sont tombés à 3,67 Md€ de crédits de paiement dans le projet de loi de finances pour 2026, et le projet pour 2027 les réduit encore d’environ 400 M€. Une aide qui se contracte doit devenir plus visible et plus directe : des équipes françaises en uniforme, sur le terrain, au lendemain d’un séisme.
Projection humanitaire du CFIH, articulée en cinq principes : (1) Une doctrine d’emploi — catastrophes naturelles, crises sanitaires et crises humanitaires, à la demande de l’État frappé ou d’une organisation internationale, sur décision du gouvernement, hors zones de combat. (2) Le cadre multilatéral — certification des modules du CFIH dans le pool européen de protection civile, classification des équipes de recherche et de sauvetage selon les standards des Nations unies, coordination avec les agences onusiennes et le Centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères. (3) Une projection méritée — la décision appartient à la hiérarchie, qui juge sur la relation humaine et le comportement de chaque recrue, avec la validation d’un second officier pour écarter le favoritisme. Pour les recrues encore sous main de justice, le juge de l’application des peines délivre une autorisation générale de sortie du territoire au passage en deuxième année (M3.22). Les équipes sont toujours commandées par des cadres professionnels et mêlent volontaires et recrues validées. (4) Un financement partagé — crédits d’action humanitaire de l’État, cofinancement européen des transports, remboursements par les organisations internationales et les États partenaires lorsque les accords le prévoient, et déclaration des dépenses éligibles au titre de l’aide publique au développement. (5) Le rayonnement — chaque mission est documentée et publiée, et les anciens du corps rejoignent le réseau des ambassadeurs de la France (PP51). La France aide, et cela se voit.
Commentaires et débats
Connectez-vous pour commenter.
Soyez le premier à ouvrir un débat, à contribuer et à commenter.