Créer par la loi le Corps français d'intervention humanitaire (CFIH), établissement public placé sous la double tutelle des ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères, chargé de porter secours aux populations lors des catastrophes naturelles et des crises humanitaires, en France et à l'étranger. Ses recrues sont des volontaires et des jeunes condamnés qui y exécutent leur peine. Montée en puissance par étapes : 1 000 recrues la première année, 3 000 la deuxième, puis déploiement national.
La France dispose de briques solides mais dispersées. Ses formations militaires de la sécurité civile comptent trois unités d’instruction et d’intervention, appartenant à l’armée de Terre et employées par le ministère de l’Intérieur, capables d’intervenir sur le territoire comme à l’étranger, et une quatrième unité a été annoncée par le président de la République en octobre 2022. Le service militaire adapté accueille près de 6 000 jeunes ultramarins par an sous statut militaire, avec un taux d’insertion proche de 80 % en 2025. Les centres de l’Épide, établissement pour l’insertion dans l’emploi, accueillent des jeunes en internat avec un agent pour deux jeunes et demi. Depuis septembre 2026, un nouveau service national de dix mois, purement militaire, accueille ses premiers volontaires, mais exclusivement sur le territoire national.
Aucune de ces institutions ne relie les trois besoins que la France ne sait plus satisfaire ensemble : des secours capables de se projeter vite et loin, une peine qui relève les jeunes condamnés au lieu de les enfoncer, et une présence française visible là où l’on souffre. L’Allemagne a fait ce choix en 1950 : son Technisches Hilfswerk, établissement fédéral rattaché au ministère de l’Intérieur, réunit environ 88 000 bénévoles et intervient aussi à l’étranger pour le compte du gouvernement fédéral.
Corps français d’intervention humanitaire, articulé en cinq principes : (1) Un établissement public sous double tutelle — créé par la loi, placé sous la tutelle conjointe du ministère de l’Intérieur, pour la sécurité civile, et du ministère des Affaires étrangères, pour l’action humanitaire, avec un conseil d’administration associant des parlementaires et des conventions avec les Armées, pour l’appui des unités militaires de la sécurité civile, et avec la Justice, pour les recrues placées sous main de justice (M3.22, M3.23). (2) Deux théâtres — en France, en renfort des services d’incendie et de secours à la demande des préfets lors des inondations, des incendies et des tempêtes. À l’étranger, sur décision du gouvernement, dans les cadres européen et onusien (M23.42). (3) Un encadrement d’élite — anciens militaires, sapeurs-pompiers, soignants et éducateurs, à raison d’au moins un cadre pour trois recrues. (4) Des casernes rendues à la Nation — implantation dans d’anciennes casernes et emprises publiques désaffectées recensées par le Bilan de la Nation (M2.20), en articulation avec la mobilisation du foncier public inactif (M14.7). (5) Une montée en puissance par la preuve — 1 000 recrues la première année dans deux ou trois sites pilotes, 3 000 la deuxième, puis déploiement national vers 10 000 places, au vu d’une évaluation indépendante publiée qui compare récidive, insertion et coût avec ceux de jeunes condamnés comparables passés par la prison.
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