Construire six réacteurs EPR2 avec mise en service progressive d’ici 2040

Domaine
Énergie
Mesure
M21.1
Horizon
2040

Construire six réacteurs EPR2 sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey, avec mise en service échelonnée jusqu’à 2040, engager un programme de petits réacteurs modulaires (M21.10), et décider la prolongation du parc existant jusqu’à soixante ans lorsque l’Autorité de sûreté nucléaire le valide.

Le parc nucléaire civil français, hérité du plan Messmer de 1974, a permis à la France d’atteindre une production électrique parmi les plus décarbonées d’Europe (90 % décarboné en 2024) tout en garantissant une autonomie énergétique stratégique. Mais ce parc vieillit : la majorité des 56 réacteurs en exploitation a été mise en service entre 1980 et 1995, et arrive en fin de durée de vie initiale (40 ans), prolongeable jusqu’à 60 ans après audits ASN. Sans renouvellement industriel actif, la capacité nucléaire française décroît mécaniquement à partir des années 2030. L’EPR de Flamanville, démarré en 2024 après 17 ans de retard, a démontré que la France conserve sa compétence industrielle nucléaire mais que la filière a besoin d’un programme structurant pour retrouver son efficacité de série historique des années 1980.

Coût et financement. Coût des six EPR2 estimé par EDF à plusieurs dizaines de milliards d’euros, de l’ordre de 70 à 90 Md€ selon les révisions successives. Financement par EDF, prêt de l’État à taux bonifié et poche Climat du Fonds souverain (M30.1), remboursés par la production sur soixante ans.

Calendrier. Décision finale d’investissement confirmée en 2027, premier béton à Penly en 2028, premières mises en service vers 2038, sixième réacteur à l’horizon 2040.

Garde-fous. Standardisation stricte du modèle entre les six unités, sans modification de conception d’un chantier à l’autre. Audit indépendant annuel des coûts et des délais publié. Aucune dérogation aux prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire.

L’objection et la réponse. L’objection écologiste s’appuie sur des faits : Flamanville a coûté plusieurs fois son budget initial, les déchets de haute activité attendent encore leur stockage définitif, et chaque euro investi dans le nucléaire manque aux renouvelables, plus rapides à installer. L’objection libérale porte sur le financement, que seul l’État peut garantir. Aux premiers, la réponse est que la France a besoin des deux, et que le nucléaire fournit une production pilotable que les renouvelables seuls n’assurent pas l’hiver sans vent. La série corrige le défaut de Flamanville, construit comme un prototype. Aux seconds, qu’aucune infrastructure de soixante ans ne se finance sans garantie publique, pas plus une ligne ferroviaire qu’un réacteur.

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