Créer le statut de Chercheur-Entrepreneur pour faciliter la valorisation des recherches publiques en entreprises

Pilier
France Monde
Mesure
M24.4
Horizon
2030

Statut de Chercheur-Entrepreneur clarifié et incitatif : congé pour création d'entreprise jusqu'à 3 ans, conservation des droits académiques, partage juridique des brevets et redevances, accompagnement Bpifrance (M19.7). Sortir l'institution universitaire et la recherche publique du tabou du business : la valorisation économique n'est pas l'antithèse de la science fondamentale.

La valorisation des résultats de la recherche publique française est documentée comme structurellement insuffisante : selon les chiffres OECD et MESR, environ 70 % des brevets déposés par les chercheurs français le sont par leur institution (CNRS, INSERM, universités) sans passage opérationnel à l’entreprise, contre 40 % aux États-Unis où le statut chercheur-entrepreneur est massivement mobilisé. Les principaux freins documentés : statut administratif rigide (un chercheur fonctionnaire ne peut pas facilement créer son entreprise et continuer sa carrière de chercheur), complexité administrative de la licence d’exploitation, méconnaissance de l’écosystème entrepreneurial par les chercheurs, manque d’accompagnement et de financement amorçage. Le résultat est documenté : nombreuses pépites scientifiques françaises restent au laboratoire et passent à l’entreprise à l’étranger (notamment États-Unis), ou se retrouvent rachetées en phase précoce par GAFAM ou concurrents internationaux.

Création du statut de Chercheur-Entrepreneur pour faciliter la valorisation des recherches publiques, articulée en six axes opérationnels : (1) Statut juridique unifié — création par décret d’un statut « Chercheur-Entrepreneur » applicable aux chercheurs fonctionnaires et contractuels du secteur public (CNRS, INSERM, INRAE, IFREMER, CEA, CNES, INRIA, EPIC universitaires, etc.), permettant de créer ou diriger une entreprise valorisant les résultats de leur recherche tout en maintenant leur statut de chercheur,

(2) Capacité de cumul — le chercheur-entrepreneur peut consacrer jusqu’à 50 % de son temps à son entreprise (au lieu des règles actuelles complexes et restrictives), avec maintien des cotisations retraite et droits sociaux, possibilité de retour à temps plein recherche après la phase entrepreneuriale, (3) Licence d’exploitation simplifiée — procédure unifiée et accélérée pour la licence d’exploitation des brevets et résultats de recherche (délai opposable 3 mois maximum, vs 12-18 mois actuels), accompagnement par les Services de Valorisation et Transfert de Technologie (SVTT) des établissements, modalités de redevance prédéfinies.

(4) Accompagnement structurant — incubateurs académiques et incubateurs des organismes de recherche (déjà existants mais à renforcer), accompagnement par Bpifrance (cohérence M19.7 Bpifrance recapitalisée +10 Md€, fonds dédié deep tech), accès facilité au capital-risque deep tech (cohérence M24.6 directe Fonds Souverain France), articulation avec les écoles de l’entrepreneuriat (cohérence M19.6 dans chaque académie), (5) Financement amorçage — Bourse French Tech 2.0 spécifique chercheurs-entrepreneurs avec 1ères levées de fonds garanties par Bpifrance, partenariat avec fonds d’amorçage spécialisés deep tech (cohérence M24.6).

(6) Articulation avec instituts de rupture (cohérence M24.2 directe) — les 10 instituts de rupture intègrent systématiquement la dimension valorisation entrepreneuriale, avec parcours « du laboratoire à l’entreprise » structurés, capacité de retour-aller-retour entre carrière scientifique et carrière entrepreneuriale. Articulation cohérente avec le plan recherche 3 % PIB (M24.1), avec les 10 instituts de rupture (M24.2), avec le visa recherche attractif (M24.5), avec le capital-risque deep tech (M24.6), avec le Grand Emprunt Innovation (M24.7), avec Bpifrance (M19.7), avec les écoles de l’entrepreneuriat (M19.6), avec FRANCE TALENTS (M1.12), avec le plan IA (M20.2 et M20.4 — beaucoup de pépites IA françaises sont issues de la recherche académique). Le statut chercheur-entrepreneur est l’une des transformations institutionnelles les plus puissantes pour libérer la valorisation industrielle de la recherche publique française — sans cette réforme, les pépites continueront à passer à l’étranger ou à être absorbées par les géants américains.

Statut de Chercheur-Entrepreneur clarifié et incitatif : congé pour création d’entreprise jusqu’à 3 ans, conservation des droits académiques, partage juridique des brevets et redevances, accompagnement Bpifrance (M19.7). Sortir l’institution universitaire et la recherche publique du tabou du business : la valorisation économique n’est pas l’antithèse de la science fondamentale.

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