Le FN, l’exclusion du père et la délégitimation systématique d’une partie de l’électorat français
Hier, le 4 mai 2015, Marine Le Pen a obtenu de son bureau exécutif la suspension de son père du Front National qu'il a fondé en 1972. C'est un séisme interne au parti, et un moment de bascule pour la vie politique française. Pendant que tout le monde commente la rupture symbolique, je voudrais poser une autre question, qu'on n'ose plus poser depuis longtemps : que faire d'un parti qui rassemble une partie significative de l'électorat français et qu'on traite, depuis quarante ans, comme s'il n'existait pas démocratiquement ? Car le FN a beau être discutable sur le fond — et il l'est —, il n'a jamais, lui, perturbé un seul meeting de ses adversaires. La réciproque ne tient pas. Et cette asymétrie dit quelque chose de très grave sur l'état du débat démocratique français.
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