Créer un Tribunal national de l’environnement, juridiction spécialisée

Mesure
M30.7
Horizon
2030

Un Tribunal national de l'environnement, juridiction spécialisée et compétente pour les contentieux environnementaux structurants : pollutions massives, atteintes à la biodiversité, dommages écologiques.

Le contentieux environnemental français est aujourd’hui dispersé entre plusieurs juridictions (tribunaux administratifs, tribunaux judiciaires civils et pénaux, juge des libertés et de la détention), aucune n’étant spécialisée dans la complexité technique des affaires environnementales. Les délais sont longs (3 à 5 ans en moyenne pour les affaires d’envergure), l’expertise scientifique est variable selon les juges, les peines prononcées en matière d’atteintes graves à l’environnement (pollutions industrielles, déforestation illégale, trafic d’espèces protégées) sont peu dissuasives. Plusieurs États européens (Brésil, Bolivie, Équateur, Inde, Royaume-Uni récemment) ont créé des juridictions environnementales spécialisées avec des résultats documentés en terme d’efficacité et de cohérence jurisprudentielle.

Création d’un Tribunal national de l’environnement, juridiction spécialisée articulée en deux niveaux : (1) Compétence en première instance — atteintes graves à l’environnement (pollutions industrielles avérées, déforestation illégale, trafic d’espèces protégées, contournements caractérisés du droit de l’environnement), contentieux d’urbanisme à fort impact écologique, contentieux administratif des grands projets d’aménagement, (2) Compétence d’appel spécialisée — sur l’ensemble des affaires environnementales jugées en première instance par d’autres tribunaux, mécanisme inspiré de la spécialisation prud’homale (TASS / TGI / Cour d’appel sociale).

Magistrats formés spécifiquement à la complexité technique environnementale : droit international (Accord de Paris, Convention sur la biodiversité, Convention de Berne), droit européen (directives environnementales), sciences (biodiversité, climat, chimie environnementale, écotoxicologie), méthodes d’enquête environnementale. Adossement à un pôle d’experts scientifiques accrédités, accessibles rapidement sur réquisition (modèle inspiré des experts judiciaires actuels mais en pool dédié et permanent).

Peines effectives et dissuasives — peines pécuniaires proportionnelles aux profits illicites (modèle américain Superfund), obligation de réhabilitation à la charge du condamné (renaturation effective des sites pollués, financement de programmes de restauration équivalents), peines complémentaires (interdiction d’exercer dans le secteur concerné, interdiction de marchés publics). Articulation cohérente avec les tribunaux spécialisés crime économique et cybercriminalité (M3.3), avec la lutte contre les trafics (M4.4 Brigade Nationale Anti-Trafics inclut le trafic d’espèces), avec le doublement du budget justice (M3.1). La protection effective de l’environnement passe par une justice qui sait juger ces dossiers spécifiques.

Un Tribunal national de l’environnement, juridiction spécialisée et compétente pour les contentieux environnementaux structurants : pollutions massives, atteintes à la biodiversité, dommages écologiques.

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