Lancer un plan eau souverain par une loi de programmation pluriannuelle

Mesure
M30.4
Horizon
2030

Engager un plan eau pluriannuel : accélération du renouvellement des réseaux pour réduire les fuites, suppression des derniers branchements en plomb, développement de la réutilisation des eaux usées traitées, sobriété des usages agricoles et industriels, stockages collectifs concertés, et protection des captages d’eau potable.

La gestion de l’eau en France atteint un point critique. Les sécheresses estivales s’intensifient et s’allongent (2022-2024 records historiques), plus de 200 communes ont été privées d’eau potable courante à l’été 2023, les conflits d’usage explosent entre agriculture irriguée (cohérence M22.6), industrie, eau potable et milieux naturels. Les fuites du réseau de distribution sont chiffrées à 1 milliard de m³/an (20 % de l’eau prélevée s’évapore avant d’arriver au robinet), conséquence d’un sous-investissement chronique dans la rénovation des canalisations (la France comptait 20 000 km/an de réseau rénové dans les années 1990, moins de 3 000 km/an aujourd’hui). Sans plan structurant, le stress hydrique deviendra structurel et imposera des arbitrages économiques et sociaux brutaux.

Coût et financement. Programmation financée par les agences de l’eau, la tarification de l’eau, les collectivités et la poche Climat du Fonds souverain (M30.1), dont le montant sera arrêté par une loi de programmation après chiffrage des besoins de renouvellement.

Calendrier. Loi de programmation de l’eau en 2027, renouvellement accéléré des réseaux et des branchements en plomb dès 2028, objectif de réutilisation et de réduction des fuites évalué en 2030.

Garde-fous. Stockages agricoles conditionnés à une gestion collective, à la sobriété et à la priorité à l’eau potable. Tarification progressive préservant l’accès des ménages modestes. Protection des captages contre les pollutions diffuses.

L’objection et la réponse. L’objection est territoriale et elle a pris la forme de conflits violents autour des réserves de substitution, notamment à Sainte-Soline en 2023 : les stockages d’eau agricoles sont accusés par leurs opposants de privatiser une ressource commune au profit de quelques exploitations irriguées, et défendus par les agriculteurs comme une condition de survie face aux sécheresses. Les deux positions reposent sur une part de réalité. La mesure les départage par des conditions : gestion collective, engagements de sobriété et priorité à l’eau potable et aux milieux. L’objection budgétaire, qui juge le plan trop coûteux, oublie l’ampleur du patrimoine à renouveler. Chaque année de retard sur les réseaux coûte davantage en eau perdue qu’en travaux évités.

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