Objectif 80 % d'autosuffisance sur les produits de base d'ici 2035 : céréales, fruits et légumes, viande, œufs, lait. Plan filière par filière piloté par les interprofessions, avec contrats triennaux de production et clauses de revoyure. Stocks stratégiques rétablis sur 30 jours de consommation. La souveraineté alimentaire n'est pas un slogan, c'est un indicateur mesurable.
La France importe aujourd’hui 60 % des fruits et légumes consommés sur son territoire, 50 % de la viande de volaille, 30 % du blé tendre transformé, malgré sa position historique de grande nation agricole. Cette dépendance croissante (la balance commerciale agroalimentaire française est passée d’un excédent de 12 Md€ en 2000 à un excédent fragile aujourd’hui, masquant des évolutions structurelles défavorables) résulte de plusieurs facteurs convergents : recul du nombre d’agriculteurs (divisé par 2 en 30 ans, passé de 1 million à moins de 400 000), désindustrialisation des filières de transformation (abattoirs, conserveries), pression réglementaire et concurrentielle accrue. Cette dépendance pose un risque stratégique en cas de crise (sanitaire comme COVID, géopolitique comme guerre en Ukraine) et fragilise la souveraineté française au sens le plus fondamental — l’alimentation.
Garantir la souveraineté alimentaire française par objectif chiffré et opposable : 80 % d’autosuffisance sur les produits de base (céréales, viandes principales, légumes courants, fruits saisonniers) à horizon 2035. Quatre leviers articulés : (1) Refonte de la PAC européenne (M22.2 cohérence directe) pour récompenser la souveraineté et la résilience climatique, pas seulement la productivité, (2) Revenu Paysan Garanti (M22.3) qui stabilise économiquement les exploitations et freine les départs en retraite anticipée non remplacés, (3) Traçabilité et étiquetage origine systématiques (M22.4) qui restaurent la préférence consommateur pour la production française, (4) Refus des accords commerciaux dégradants (M22.5) qui inondent le marché français de productions ne respectant pas nos normes sanitaires et environnementales.
Articulation cohérente avec le plan eau souverain (M30.4) qui sécurise l’irrigation, avec l’agroécologie (M22.6) qui modernise les pratiques sans rupture brutale, avec la transmission (M22.7) qui assure le renouvellement des générations agricoles. Avec le statut Travailleur essentiel à statut limité (M7.8) qui reconnaît la dépendance documentée de l’agriculture française à une main-d’œuvre internationale pour les travaux saisonniers. Avec la transition énergétique (M21) qui réduit la dépendance aux énergies fossiles importées (engrais azotés, gasoil agricole) par méthanisation et autres innovations.
La souveraineté alimentaire n’est pas un slogan autarcique : c’est un objectif de réduction de la dépendance critique à un seuil soutenable. Les Pays-Bas (40 % de leur consommation alimentaire produite localement malgré une densité de population extrême), le Danemark (90 % d’autosuffisance), la Suisse (75 %) montrent qu’avec une politique publique structurée, des taux élevés sont atteignables. La France ne peut accepter de devenir importatrice nette dans un secteur où elle a tous les atouts structurels.
Objectif 80 % d’autosuffisance sur les produits de base d’ici 2035 : céréales, fruits et légumes, viande, œufs, lait. Plan filière par filière piloté par les interprofessions, avec contrats triennaux de production et clauses de revoyure. Stocks stratégiques rétablis sur 30 jours de consommation. La souveraineté alimentaire n’est pas un slogan, c’est un indicateur mesurable.
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