Créer l’École Nationale d’Excellence Administrative (ENEA) : refonte ambitieuse de la formation des hauts fonctionnaires, du terrain au résultat mesuré

Mesure
M1.10
Horizon
2030

Créer l'École Nationale d'Excellence Administrative (ENEA) pour refonder la formation des hauts fonctionnaires autour de trois exigences : exposition systématique au terrain (12 mois de stages en entreprise, collectivité, hôpital ou juridiction), culture du résultat mesuré (statistique, data science publique, évaluation) et maîtrise des outils modernes.

La haute fonction publique française reste en grande partie formée selon un modèle hérité des années 1945 (création de l’ENA) qui a peu évolué malgré la suppression formelle de l’ENA en 2022 et son remplacement par l’INSP. Les hauts fonctionnaires sortent généralisés et théoriciens d’un appareil de formation très endogène, avec peu d’exposition au terrain industriel, au monde de la donnée, à la culture du résultat mesuré. Une partie significative des grands corps poursuivent leurs carrières par essaimage dans le secteur privé sans véritable rotation public/privé, et la connaissance opérationnelle de la modernisation (transformation digitale, change management, performance économique) reste insuffisante dans les cabinets ministériels et au sommet des administrations.

Création de l’École Nationale d’Excellence Administrative (ENEA), refondation ambitieuse de la formation des hauts fonctionnaires articulée autour de trois exigences : (1) exposition systématique au terrain (stages obligatoires de 12 mois en entreprise privée, en collectivité, en hôpital, en école ou en juridiction pendant la formation initiale), (2) culture du résultat mesuré (formation à la statistique appliquée, à la data science publique, à l’évaluation de politique publique, conformément aux exigences d’évaluation M1.2), (3) modernisation des outils (gestion de projet agile, transformation digitale, intelligence artificielle appliquée à l’action publique, sécurité cyber M6).

Cursus principal de 4 ans (versus 2 ans pour l’INSP actuel), avec internat exigeant et brassage social maintenu (concours externe, concours interne réformé, troisième voie ouverte aux profils privés expérimentés). Suppression de la sortie en grand corps directement : période obligatoire de 5 à 7 ans en poste de terrain (préfecture, sous-préfecture, hôpital, juridiction, opérateur public) avant accès aux corps d’inspection ou aux cabinets ministériels. Articulation avec la modernisation gouvernance (M1.1, M1.2, M1.3) : il faut des hauts fonctionnaires formés pour pouvoir piloter un État efficace, sinon les structures resteront occupées par leur logique propre. Reformer l’ENA après l’avoir supprimée sans plan de remplacement clair, c’est rendre cohérent un chantier resté inachevé.

Créer l’École Nationale d’Excellence Administrative (ENEA) pour refonder la formation des hauts fonctionnaires autour de trois exigences : exposition systématique au terrain (12 mois de stages en entreprise, collectivité, hôpital ou juridiction), culture du résultat mesuré (statistique, data science publique, évaluation) et maîtrise des outils modernes.

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