L'Europe importe encore 60 % de son armement, principalement des États-Unis. Inverser le ratio : 70 % de matériels conçus et produits en Europe d'ici 2035, via préférence dans les marchés publics européens et soutien industriel coordonné.
Les achats d’armement européens restent aujourd’hui documentés comme largement dépendants des fournisseurs américains : selon les chiffres SIPRI 2024, environ 65 % des achats d’armement européens (vente totale en dollars) ont été effectués auprès des États-Unis sur les 5 dernières années (avions de combat F-35 majoritaires en Europe, hélicoptères Sikorsky, systèmes d’artillerie HIMARS, munitions, missiles Stinger et Javelin, équipements numériques). Cette dépendance pose plusieurs problèmes documentés : (1) pertes massives pour l’industrie européenne de défense (cohérence M5.5 BITD française et M18.5 préférence européenne commande publique), (2) dépendance opérationnelle (les matériels américains intègrent des composants soumis à autorisation export américaine permanente), (3) érosion progressive de la capacité industrielle européenne, (4) entrave à l’autonomie stratégique européenne (cohérence M23.7 Europe puissance).
Préférence européenne effective dans les achats d’armement : 70 % de matériels conçus et produits en Europe, articulée en six axes opérationnels : (1) Quota opposable de 70 % minimum d’équipements de défense d’origine européenne dans les achats des États membres — cible cumulée sur l’ensemble des achats par pays sur cycles pluri-annuels, avec mécanismes de monitoring transparents. Mise en œuvre progressive sur 5 ans (60 % d’ici 2030, 70 % d’ici 2032),
(2) Programmes structurants conjoints — SCAF (avion de combat futur franco-allemand-espagnol), MGCS (char de combat futur franco-allemand), Eurofighter Typhoon évolutions, Tigre / NH90 mise à jour, satellites militaires (cohérence M24.11 IRIS² et programme satellites souverains), cyber-défense (cohérence M6 paquet, M5.5 BITD), (3) Renforcement BITD française et européenne — Fonds Souverain France volet défense (M5.6 cohérence directe) qui investit dans la consolidation et la croissance des champions BITD européens (Airbus Defence, Dassault, MBDA, Naval Group, Rheinmetall, Leonardo, BAE Systems après UK arrangements post-Brexit, Saab, KMW, Nexter, etc.).
(4) Articulation avec la commande publique générale (cohérence M18.5) — la préférence européenne armement s’inscrit dans la doctrine plus générale de préférence européenne sur la commande publique, en cohérence avec règles OMC/AGP plurilatéral, (5) Exceptions techniques motivées — pour les équipements ultra-spécifiques où la capacité européenne n’existe pas ou est insuffisante à court terme (par exemple certains satellites de pointe avant montée en puissance M24.11, certaines munitions à courte distance), exceptions opposables et publiques avec calendrier de souveraineté.
(6) Diplomatie européenne convergente — la France porte au Conseil européen une harmonisation des doctrines d’achat d’armement (cohérence M23.7 Europe puissance, M23.2 franco-allemand), en alliance avec États membres engagés (Italie, Espagne, Pologne, Pays-Bas). Articulation cohérente avec la BITD française (M5.5), le Fonds Souverain France défense (M5.6), la diplomatie indépendante (M23.1), l’Europe puissance (M23.7), la préférence européenne commande publique (M18.5), la cartographie des dépendances stratégiques (M20.13). La préférence européenne armement est l’une des conditions matérielles de l’autonomie stratégique européenne — sans elle, l’Europe-puissance reste hypothétique.
L’Europe importe encore 60 % de son armement, principalement des États-Unis. Inverser le ratio : 70 % de matériels conçus et produits en Europe d’ici 2035, via préférence dans les marchés publics européens et soutien industriel coordonné.
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