Sanctuariser et amplifier le pré-recrutement des enseignants (concours à bac+3, licences de professorat, bourses d'engagement ciblées sur les académies et disciplines déficitaires — objectif zéro poste non pourvu en 2030), basculer 100 % de la formation continue hors du temps devant élèves en l'adossant au cycle des programmes vivants, garantir le remplacement de toute absence au-delà de 48 heures avec publication des taux d'heures assurées établissement par établissement, et ouvrir des carrières d'excellence sans quitter la classe. Le salaire relève de M12.1 ; tout le reste du métier relève d'ici.
La France ne recrute plus assez de professeurs et ne remplace plus ceux qui s’absentent. Session 2025 des concours : moins de 91 % des postes pourvus dans le second degré public malgré une baisse de l’offre, 546 postes perdus au seul CAPES externe dont 253 en mathématiques — un poste sur quatre —, 66,7 % de couverture en lettres classiques, 508 postes non pourvus au concours externe de professeurs des écoles, concentrés à Créteil, Versailles, en Guyane et à Mayotte ; l’année 2024 avait laissé 3 185 postes vacants tous concours confondus. La DARES et France Stratégie chiffrent à 329 000 les recrutements nécessaires entre 2019 et 2030 rien que pour compenser les départs en retraite. À l’autre bout de la chaîne, la Cour des comptes (rapport du 12 décembre 2025) documente 9 % d’heures de cours perdues dans les collèges publics en 2023-2024 — 10,3 millions d’heures —, un chiffre remonté à 9,8 % en 2024-2025 selon la note ministérielle d’avril 2026 : malgré un Pacte enseignant à environ 750 millions d’euros par an et des dépenses de remplacement de courte durée plus que triplées, à peine plus de 10 % des absences courtes sont effectivement remplacées (objectif affiché : 36 %), les remplacements longs se dégradent depuis 2019, la perte est maximale en éducation prioritaire, et un tiers du temps perdu provient d’absences institutionnelles — formation continue organisée sur le temps scolaire comprise. La réforme de mars 2025 — concours à bac+3 dès la session 2026, licence de professorat des écoles, master professionnalisant et rémunéré — va dans le bon sens ; elle ne traite ni le remplacement, ni la formation continue, ni la carrière.
Reconstruire le vivier en cinq volets, du recrutement à la carrière : (1) Pré-recrutement sanctuarisé et amplifié — la réforme de 2025 (concours à bac+3, licences de professorat des écoles, master rémunéré) est sanctuarisée sur dix ans, complétée par des bourses d’engagement dès la première année de licence, ciblées sur les académies et disciplines déficitaires (mathématiques, lettres classiques, allemand, physique-chimie), contre un engagement de service de cinq ans dans l’académie boursière — objectif contractuel : zéro poste non pourvu aux concours en 2030 ; (2) Entrée accompagnée dans le métier — mentorat obligatoire par un maître formateur déchargé pendant les deux premières années de titularisation, et fin de l’affectation systématique des néo-titulaires sur les postes les plus difficiles : les postes d’éducation prioritaire sont pourvus en priorité par des volontaires expérimentés bénéficiant de décharges et de priorités de mutation (le volet indemnitaire relève de M12.1 et M27.4) ; (3) Formation continue hors de la classe — 100 % de la formation continue basculée hors du temps devant élèves, rémunérée, et adossée au cycle de révision des programmes vivants (M12.9) : chaque mise à jour de programme arrive avec son module obligatoire — la Cour des comptes établit qu’un tiers du temps d’enseignement perdu vient d’absences institutionnelles, ce volet rend donc des heures aux élèves en formant mieux les maîtres ; (4) Remplacement garanti — brigades académiques de remplacement redimensionnées et vivier qualifié, remplacement de courte durée réorganisé au niveau de l’établissement, avec un engagement opposable : aucune absence supérieure à 48 heures sans remplaçant, priorité absolue à l’éducation prioritaire, et publication annuelle du taux d’heures assurées établissement par établissement (cohérence PP11) ; (5) Carrières d’excellence dans la classe — voies de progression sans quitter l’enseignement (maître formateur, référent disciplinaire, mentor), reconnues en rémunération et en décharge, pour que l’excellence pédagogique cesse d’avoir pour seul débouché la sortie de la classe. Articulation : M12.1 (salaire), M12.2 (autorité et climat scolaire), M12.9 (programmes vivants), M12.14 (plan mathématiques), M27.4 (prime de ruralité).
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