Labelliser et équiper 500 lycées des métiers d’excellence d’ici 2030 : plateaux techniques au niveau de l’industrie, au moins 30 % des enseignements techniques assurés par des professionnels en activité, partenariats pluriannuels avec les entreprises du bassin d’emploi, et longues périodes en entreprise.
La voie professionnelle française a été structurellement stigmatisée pendant des décennies. Présentée comme « voie de garage » pour les élèves en difficulté scolaire dans le système général, sous-investie en plateaux techniques modernes, mal connectée aux besoins réels des entreprises locales, peu valorisée socialement. Le résultat est documenté : taux d’insertion professionnelle des bacheliers professionnels inférieur de 15 points à leurs homologues allemands ou suisses, pénurie chronique de techniciens qualifiés dans les filières industrielles (mécanique, électronique, énergétique, BTP, restauration, services à la personne), recours massif à l’immigration de travail (M7.8) pour combler des emplois que les jeunes français formés en filière professionnelle pourraient occuper. Cette dégradation contraste avec les modèles allemand et suisse où l’enseignement professionnel reste prestigieux et économiquement performant.
Coût et financement. Équipements financés par les régions, compétentes pour les lycées, avec cofinancement de l’État et participation des entreprises partenaires, notamment par la taxe d’apprentissage.
Calendrier. Cahier des charges du label en 2027, 200 lycées labellisés en 2028, 500 lycées en 2030.
Garde-fous. Label retiré si les engagements d’équipement et de partenariat ne sont pas tenus. Passerelles garanties vers les formations supérieures, pour que la voie ne soit pas une impasse. Enseignements généraux maintenus.
L’objection et la réponse. L’objection vient de l’intérieur de l’école et elle est de nature sociale : adapter la voie professionnelle aux besoins des entreprises locales, c’est enfermer les élèves, souvent issus de milieux populaires, dans les métiers disponibles dans leur bassin, au lieu de leur donner une formation générale qui leur permettrait de changer de voie. Le risque d’assignation sociale existe. La mesure y répond par le maintien des enseignements généraux et par des passerelles vers l’enseignement supérieur. Mais l’argument se retourne : l’élève de lycée professionnel qui sort sans qualification reconnue par les employeurs est le premier enfermé. La Suisse montre qu’un apprentissage de haut niveau n’empêche pas de devenir ingénieur, il en ouvre souvent la voie.
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