Revaloriser de 20 % la rémunération des enseignants sur les dix premières années de carrière, dès la première année du mandat, avec un effet dégressif ensuite, en finançant la mesure par la réduction des dépenses administratives de l’Éducation nationale et en l’accompagnant d’une meilleure organisation du temps de service.
L’attractivité du métier d’enseignant en France est en crise profonde. Les concours de recrutement (CRPE pour le primaire, CAPES et agrégation pour le secondaire) ne parviennent plus à pourvoir tous les postes : en 2024, environ 4 000 postes sont restés vacants au CRPE, plus de 1 000 au CAPES dans certaines disciplines critiques (mathématiques, lettres classiques, allemand, technologie). Les démissions précoces (dans les 5 premières années) ont triplé en 15 ans. La cause centrale documentée est le décrochage salarial cumulé sur 25 ans : un enseignant français gagne en début de carrière environ 30 % de moins que ses homologues allemands, néerlandais, britanniques pour le même niveau de qualification. À cela s’ajoutent des conditions de travail dégradées, mais le levier salarial est documenté comme le plus structurant.
Coût et financement. Coût de plusieurs milliards d’euros par an, financé en partie par la réduction des effectifs administratifs hors des écoles et par le redéploiement du Pacte enseignant (M12.13), le solde étant programmé en loi de finances.
Calendrier. Première tranche au 1er septembre 2027, revalorisation complète de 20 % en 2029, évaluation de l’effet sur les inscriptions aux concours en 2030.
Garde-fous. Priorité aux débuts de carrière, où se jouent les recrutements et les démissions. Aucune suppression de postes devant élèves pour financer la mesure. Suivi public du nombre de candidats par poste aux concours.
L’objection et la réponse. L’objection vient de deux côtés. Les gestionnaires publics rappellent que la masse salariale de l’Éducation nationale est le premier budget de l’État, et qu’une hausse générale de 20 % coûte plusieurs milliards sans garantie d’effet sur le niveau des élèves. Les syndicats répondent que la revalorisation est un rattrapage dû, et refusent qu’on la conditionne à des contreparties de temps de service. Aux premiers, la réponse est le ciblage sur les débuts de carrière, là où la pénurie se crée. Aux seconds, que la revalorisation est inconditionnelle, et que la réorganisation du temps de service relève d’une négociation distincte. L’école ne peut pas recruter les meilleurs étudiants en leur proposant un salaire que le secteur privé double en cinq ans.
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