Lancer un plan national d’adaptation climatique territoriale doté de 15 Md€ sur 10 ans pour préparer les territoires aux conséquences du réchauffement

Mesure
M30.9
Horizon
2040

Plan national d'adaptation climatique territoriale, 15 Md€ sur 10 ans : eau-sols-bâti-agriculture-santé articulés pour préparer la France aux conséquences du réchauffement déjà engagé.

L’adaptation au changement climatique est encore aujourd’hui sous-investie en France malgré l’urgence documentée : canicules en intensification (l’été 2022 a été le plus chaud depuis le début des relevés, 2023-2024 ne sont pas en reste), inondations exceptionnelles devenues plus fréquentes (Côte d’Azur 2024, Pas-de-Calais 2023), submersions marines progressant sur le littoral atlantique et méditerranéen (recul du trait de côte estimé à plusieurs dizaines de centimètres par an dans certaines communes), incendies de forêt étendant leurs zones d’occurrence vers le nord (Bretagne, Sologne). Le PNACC (Plan national d’adaptation au changement climatique) existe mais reste insuffisamment doté et insuffisamment territorialisé. Les collectivités sont en première ligne sans avoir les moyens techniques ni financiers de l’adaptation.

Plan national d’adaptation climatique territoriale doté de 15 Md€ sur 10 ans, soit 1,5 Md€/an dédiés, articulé en cinq champs d’intervention prioritaires : (1) Protection côtière — recul stratégique organisé là où la défense est intenable (modèle néerlandais de « cohabitation avec l’eau »), renforcement des défenses où c’est techniquement et économiquement justifié, relocalisation accompagnée des activités sensibles. Cartographie nationale du recul du trait de côte 2030/2050 actualisée tous les 5 ans, (2) Lutte contre les inondations — désartificialisation des bassins versants (M30.2), restauration des zones humides et ripisylves (M30.6), modernisation des digues prioritaires, plans communaux de sauvegarde renforcés.

(3) Lutte contre les feux de forêt — équipement renforcé des SDIS, débroussaillement obligatoire effectivement contrôlé, plan de surveillance aérienne (drones M5.9 Enbata-Cargo dual-use), reconstitution des massifs détruits (M30.6 plantation d’arbres), (4) Adaptation urbaine — végétalisation massive (M9.4), îlots de fraîcheur dans tous les quartiers, eau potable et fontaines publiques étendues, protocoles canicule activables, refuges climatiques (bibliothèques, médiathèques climatisées ouvertes étendues).

(5) Adaptation agricole — sélection d’essences et variétés résilientes (cohérence M22.6 agroécologie), irrigation économe (M30.4 plan eau), agroforesterie (M30.6). Articulation avec le FSF climat (M30.1) qui finance, avec le plan eau souverain (M30.4), avec le Tribunal national de l’environnement (M30.7) qui peut sanctionner les négligences caractérisées. L’atténuation reste prioritaire (réduction des émissions M30.3), mais l’adaptation est désormais inéluctable : le climat de 2050 est déjà déterminé par les émissions passées.

Plan national d’adaptation climatique territoriale, 15 Md€ sur 10 ans : eau-sols-bâti-agriculture-santé articulés pour préparer la France aux conséquences du réchauffement déjà engagé.

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