Plus de 70 % des paiements par carte en France transitent par les réseaux Visa et Mastercard, soit deux opérateurs américains soumis aux lois extraterritoriales US. EPI/Wero, l'initiative européenne, doit être pleinement soutenue, avec des garanties de résilience documentées en cas de coupure des réseaux internationaux.
L’écosystème français du paiement est aujourd’hui largement dépendant d’acteurs extra-européens : les cartes Visa et Mastercard américaines représentent près de 95 % des paiements internationaux et un large pourcentage des paiements nationaux passe également par leurs réseaux, Apple Pay et Google Pay captent une part croissante du paiement mobile, PayPal domine le paiement en ligne. Ces dépendances posent un risque stratégique documenté en cas de tension géopolitique (suspension de services bancaires par sanction, comme observé en Russie 2022), et pèsent économiquement (frais d’interchange payés aux acteurs américains, captation des données de transaction). Le projet européen EPI (European Payments Initiative) puis Wero (lancé 2024) tente de créer une alternative paneuropéenne mais reste fragile et doit être consolidé.
Souveraineté du paiement articulée en cinq leviers opérationnels : (1) Soutien massif à EPI/Wero — investissement public-privé renforcé via Caisse des Dépôts, Bpifrance (M19.7), Fonds Souverain France volet innovation (M18.3), capital substantiel mobilisé pour atteindre la masse critique européenne (cible : 50 % des paiements européens via Wero à 2030, vs négligeable aujourd’hui),
(2) Infrastructure carte française résiliente — maintien et modernisation du Groupement Cartes Bancaires (CB) français comme alternative aux réseaux internationaux pour les paiements domestiques, capacité de basculement de tous les paiements domestiques sur CB en cas de coupure des réseaux internationaux (test annuel obligatoire de coupure), (3) Tests de coupure rituels — capacité de fonctionnement de l’économie française pendant 30 jours minimum si Visa/Mastercard/Apple Pay/Google Pay coupaient simultanément, vérifiée par exercices documentés (cohérence M6.2 OIV résilience), plans de continuité bancaires.
(4) Adoption opposable dans la commande publique — toute administration française accepte obligatoirement les paiements via Wero quand le système est opérationnel, préférence européenne dans les contrats de paiement publics (cohérence M18.5), (5) Diplomatie monétaire et numérique — la France porte au Conseil européen une stratégie de souveraineté du paiement coordonnée, notamment dans le cadre des négociations sur les CBDC (Central Bank Digital Currencies — euro numérique BCE en préparation), avec euro numérique conçu pour préserver souveraineté et confidentialité.
Articulation cohérente avec le cloud souverain (M20.1), avec la cartographie des dépendances (M20.13), avec FranceConnect+ (M20.10 pour authentification paiements), avec la cybersécurité (M6 paquet). Le paiement est l’infrastructure financière la plus quotidienne et la plus invisible — sa dépendance à des acteurs extra-européens est un risque stratégique sous-évalué.
Plus de 70 % des paiements par carte en France transitent par les réseaux Visa et Mastercard, soit deux opérateurs américains soumis aux lois extraterritoriales US. EPI/Wero, l’initiative européenne, doit être pleinement soutenue, avec des garanties de résilience documentées en cas de coupure des réseaux internationaux.
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