Piste pragmatique

EUROFRANC €F

La souveraineté monétaire retrouvée sans rupture

La France subit l’euro sans le piloter, et le débat monétaire est piégé entre deux impasses. D’un côté, l’acceptation résignée d’une monnaie unique calibrée pour dix-neuf économies, où la France n’a plus aucun levier. De l’autre, le fantasme d’une sortie brutale de l’euro, qui provoquerait fuite des capitaux, explosion des taux et appauvrissement immédiat. Aucune des deux ne rend à la France la maîtrise de sa monnaie.

Coalition Nationale propose une troisième voie : l’EUROFRANC (EF), une monnaie nationale complémentaire — électronique, programmable, à cours réel, qui circule sur le territoire en plus de l’euro, sans le remplacer. La France garde l’euro pour l’épargne, l’international et le droit commun ; elle se dote en parallèle d’un instrument souverain qu’elle pilote, qu’elle peut flécher vers la production nationale, la transition et les territoires.

Ce n’est ni le Frexit, ni la soumission. C’est la souveraineté monétaire retrouvée sans rupture — et c’est déjà éprouvé : des monnaies complémentaires circulent légalement en Suisse depuis 1934, au Pays basque, en Sardaigne et au Brésil, sans jamais menacer la monnaie officielle.

Ce que disent les modèles internationaux

Panel pluriel — 5 pays étudiés, pour neutraliser toute lecture unidimensionnelle.

Suisse

le WIR, monnaie complémentaire B2B depuis 1934

Fondé en 1934 par des entrepreneurs suisses pour contourner la pénurie de crédit, le WIR est une monnaie complémentaire interentreprises gérée par la Banque WIR. Il a traversé près de quatre-vingt-dix ans sans jamais menacer le franc suisse : il fonctionne en parallèle, pour des dizaines de milliers de PME, comme amortisseur de cycle (il se développe quand le crédit bancaire se resserre). La leçon suisse pour la France : une monnaie complémentaire solidement adossée et disciplinée peut s'inscrire dans la durée et renforcer le tissu des PME sans rien déstabiliser. Le WIR prouve la viabilité d'un instrument monétaire parallèle à cours réel sur le très long terme.

France (Pays basque)

l'eusko, première monnaie locale d'Europe

Lancé en 2013 au Pays basque, l'eusko est devenu la plus importante monnaie locale complémentaire d'Europe, avec un large réseau de commerces et de prestataires adhérents et une version numérique. Il est légal, encadré par la loi française sur l'économie sociale et solidaire de 2014, et géré par une association à but non lucratif. La leçon basque pour la France : une monnaie complémentaire numérique peut s'installer durablement dans les usages quotidiens, à condition d'un ancrage territorial fort et d'un réseau d'acceptation dense. L'eusko valide précisément la brique « monnaie locale électronique acceptée par les commerces » que l'EUROFRANC généralise à l'échelle nationale.

Italie (Sardaigne)

le Sardex, crédit mutuel entre entreprises

Créé en 2009 en Sardaigne au plus fort de la crise, le Sardex est un système de crédit mutuel interentreprises où les transactions se règlent dans une unité de compte locale adossée à l'euro. Il a permis à des milliers de PME sardes de continuer à commercer entre elles quand le crédit bancaire avait disparu, en mobilisant la confiance et les capacités de production locales. La leçon italienne pour la France : une monnaie complémentaire fléchée vers l'économie réelle locale peut soutenir l'activité et l'emploi en période de tension sur le crédit, sans inflation ni dette publique supplémentaire. Le Sardex démontre la fonction contracyclique et productive que l'EF peut remplir.

Brésil

le Palmas et les banques communautaires

Depuis 1998, la banque communautaire Banco Palmas, à Fortaleza, émet une monnaie sociale locale (le palmas) acceptée par les commerces du quartier, pour relancer la consommation et la production locales dans des zones défavorisées. Le modèle a essaimé dans des dizaines de banques communautaires brésiliennes, parfois avec le soutien des autorités. La leçon brésilienne pour la France : une monnaie complémentaire peut être un puissant outil de cohésion territoriale et de soutien aux territoires fragiles — exactement l'un des usages fléchés visés par l'EUROFRANC (soutien aux territoires, circuits courts). Le Palmas illustre la dimension d'aménagement et de justice territoriale de l'instrument.

Allemagne

Chiemgauer, monnaie régionale

L'Allemagne accueille le Chiemgauer, monnaie régionale en circulation depuis 2003 en Bavière, adossée à l'euro et fléchée vers l'économie locale.

Mise en œuvre française

Qu’est-ce que l’EUROFRANC ?

L’EUROFRANC (EF) est une monnaie nationale complémentaire, adossée à l’euro à une parité de référence de 1 EF = 1 €. Il ne remplace pas l’euro : il coexiste avec lui. L’euro reste la monnaie de l’épargne, des échanges internationaux et du droit commun. L’EF est un instrument de circulation domestique que la France émet et pilote elle-même.

Architecture

L’EF est émis par un opérateur public adossé à la Banque de France, entièrement dématérialisé (application mobile, carte, intégration aux terminaux de paiement existants). Étant numérique et programmable, il autorise des règles que l’euro ne permet pas : fléchage temporaire vers des filières prioritaires, mécanisme anti-thésaurisation pour favoriser la circulation et la consommation, traçabilité anti-fraude et anti-blanchiment native.

Déploiement séquencé (2027-2032)

Phase 1 (2027-2028) — pilote sur la commande publique de l’État et de collectivités volontaires, et sur quelques filières souveraines (défense, énergie, agriculture de proximité). Phase 2 (2029-2030) — extension volontaire aux commerces et aux services, convertibilité encadrée EF↔€. Phase 3 (2031-2032) — généralisation de l’acceptation, intégration aux salaires et prestations sur base volontaire, articulation avec la souveraineté des paiements.

Ce que l’EF permet

Un levier de relance ciblée sans création monétaire incontrôlée ; un soutien fléché à la production française et aux circuits courts ; une résilience en cas de choc sur les paiements internationaux ; et, surtout, la démonstration qu’une nation peut reprendre la main sur sa monnaie sans casser quoi que ce soit.

Articulation avec le programme

Garde-fous, risques, critiques anticipées

« C’est interdit par les traités, l’euro a cours légal. » L’EF ne porte pas atteinte au cours légal de l’euro ni au monopole d’émission de la BCE sur l’euro : il est une monnaie complémentaire distincte, non un substitut à l’euro, sur le modèle des monnaies locales complémentaires déjà reconnues en droit français (loi ESS de 2014) et européen. L’euro reste la seule monnaie ayant cours légal ; l’EF est accepté contractuellement, comme l’eusko ou le WIR. Le montage juridique sera sécurisé en amont (Conseil d’État, Banque de France) avant tout déploiement.

« La loi de Gresham : la mauvaise monnaie chasse la bonne, l’EF se dépréciera. » Objection sérieuse, traitée par construction : parité d’ancrage 1 EF = 1 €, convertibilité encadrée, adossement public, et émission disciplinée (pas de planche à billets déguisée). L’EF n’est pas une monnaie de dévaluation ; c’est une monnaie de circulation et de fléchage. Son intérêt n’est pas de valoir moins que l’euro, mais de circuler mieux et d’être orientable.

« Encore une usine à gaz technocratique. » Au contraire : pilote d’abord limité à la commande publique, généralisation uniquement si le pilote réussit, acceptation toujours volontaire pour les ménages et commerces. Audit public annuel. On avance par preuve, pas par décret.

Différenciation politique

Vis-à-vis de La France Insoumise

qui agite la sortie de l'euro et la « désobéissance » aux traités comme une rupture frontale, Coalition Nationale propose un instrument complémentaire légal, adossé, prudent — la souveraineté sans le saut dans le vide ni la fuite des capitaux.

Vis-à-vis de La France Humaniste — Villepin

qui se satisfait d'une Europe-puissance fédérale où la France dilue encore sa souveraineté monétaire, Coalition Nationale rend à la nation un levier propre tout en restant dans la zone euro et en coopérant avec ses partenaires.

Vis-à-vis de Rassemblement National

qui a longtemps brandi la sortie de l'euro avant d'y renoncer sans rien proposer à la place, Coalition Nationale offre un dispositif concret, chiffré, juridiquement sécurisé et éprouvé à l'étranger.

Vis-à-vis de Renaissance

qui assume l'euro subi sans aucun levier national, Coalition Nationale dote la France d'un instrument de pilotage souverain — sans casser la monnaie unique ni le marché commun.

Cinq affirmations à retenir

  1. 1

    L'EUROFRANC (EF) est une monnaie nationale complémentaire — électronique, programmable, à cours réel — qui circule en France EN PLUS de l'euro, sans le remplacer. L'euro reste la monnaie de l'épargne et de l'international.

  2. 2

    Ce n'est ni le Frexit, ni la soumission : c'est la souveraineté monétaire retrouvée SANS rupture. La France récupère un levier qu'elle avait totalement perdu, sans sortir de la zone euro et sans nuire à aucun partenaire.

  3. 3

    C'est déjà éprouvé : monnaies complémentaires en Suisse (WIR, depuis 1934), au Pays basque (eusko), en Sardaigne (Sardex) et au Brésil (Palmas) — quatre modèles, aucun n'a jamais menacé la monnaie officielle.

  4. 4

    Programmable et fléché : l'EF peut être orienté vers la production française, la transition et les territoires, doté de règles anti-thésaurisation et d'une traçabilité anti-fraude native. Déploiement prudent 2027-2032, acceptation toujours volontaire pour les ménages.

  5. 5

    Garde-fous d'abord : montage juridique sécurisé (cours légal de l'euro préservé, modèle des monnaies locales de la loi ESS 2014), ancrage 1 EF = 1 €, émission disciplinée, audit public annuel. On avance par la preuve d'un pilote, pas par décret.

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Commentaires et débats

Fabrice 31 mai 2026 09:22

retrouver une monnaie nationale, oui à 100%