Créer à l’aéroport de Cayenne une zone dédiée au fret par drone, étudier des liaisons régionales vers l’intérieur de la Guyane et les villes brésiliennes proches, comme Macapá, et négocier avec le Brésil un protocole de survol pour des corridors transfrontaliers de démonstration.
Cayenne, capitale de la Guyane française, dispose d’atouts géographiques et industriels uniques pour devenir un hub TAAS majeur de l’Atlantique Sud : (1) territoire français en Amérique du Sud, donc politiquement et juridiquement adapté pour un hub franco-européen, (2) Centre spatial guyanais à Kourou, écosystème industriel aéronautique et spatial déjà installé, (3) frontière commune avec le Brésil (730 km), permettant des accords structurants drones cargo (cohérence M26.21 pré-accord franco-brésilien), (4) aérodrome de Cayenne-Félix-Eboué (LFOC) déjà certifié IFR, capacité d’extension, (5) population jeune et formation supérieure (Université de Guyane) disponibles pour les emplois TAAS (M26.30). Aujourd’hui, ces atouts restent sous-utilisés faute de projet industriel structurant à long terme.
Coût et financement. Zone dédiée financée par la collectivité territoriale de Guyane, l’État et le plan de rattrapage des outre-mer (M25.1), conditionnée aux démonstrations. Coût du protocole avec le Brésil limité à la négociation.
Calendrier. Démonstrations vers les communes de l’intérieur à partir de 2028, protocole de survol négocié avec le Brésil en 2029, liaisons transfrontalières de démonstration en 2030.
Garde-fous. Priorité aux communes isolées de l’intérieur et aux usages sanitaires. Coordination avec les autorités brésiliennes et le contrôle aérien. Surveillance pour éviter tout usage des corridors au profit de l’orpaillage illégal ou des trafics.
L’objection et la réponse. L’objection est sécuritaire et elle vient de ceux qui connaissent le terrain guyanais : ouvrir des corridors de drones à travers une frontière amazonienne poreuse, déjà utilisée par l’orpaillage illégal et les trafics, risque de créer une nouvelle voie de contrebande difficile à contrôler. Le risque est réel dans une région où l’État peine à surveiller ses fleuves. La mesure y répond par des corridors déclarés, des appareils identifiés et suivis en permanence, et une coordination avec les forces de sécurité (M4.4). L’argument se retourne d’ailleurs en partie : la surveillance par drone est aussi un outil contre l’orpaillage illégal. Pour les habitants de l’intérieur, l’enjeu est concret : un médicament livré en une heure plutôt qu’en une journée de pirogue.
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