ÉTAT AGENTIQUE : automatiser le maximum de l’action administrative par des agents IA, en gardant l’humain souverain — il tranche tout ce que la machine ne maîtrise pas et reprend la main à la moindre contestation

Mesure
M1.15
Horizon
2030

Déployer dans l'administration des agents d'intelligence artificielle capables d'exécuter des chaînes entières de tâches — instruire, vérifier, rédiger, notifier — selon une règle d'or : l'IA traite ce qu'elle maîtrise avec une certitude mesurée et auditée, et tout cas incertain, nouveau ou contesté remonte automatiquement à un agent public responsable qui décide et répond. L'humain reste au-dessus de la machine, jamais l'inverse.

L’État français a commencé sa mue : depuis octobre 2025, l’Assistant IA bâti sur un modèle français équipe environ 10 000 agents répartis dans huit ministères, adossé à la plateforme souveraine Albert API et à l’architecture interministérielle SIAAG. Mais cette première vague reste cantonnée à l’assistance générative — résumer, traduire, rechercher — quand l’enjeu est l’exécution. Et le projet vitrine Albert France Services a été stoppé en janvier 2026 après des dysfonctionnements et des réponses erronées sur le terrain. Pendant ce temps, les Émirats arabes unis se fixent de basculer 50 % de leurs opérations gouvernementales en IA agentique en deux ans. La France compte plus de 5,7 millions d’agents publics et des millions d’usagers confrontés aux délais et à la complexité : elle a les briques, mais ni le saut agentique, ni l’échelle, ni une doctrine de contrôle assumée.

Faire de l’IA agentique le mode opératoire de l’administration : des agents qui exécutent des séquences de tâches, pas seulement des chatbots. Trois temps indissociables forment la doctrine.

(1) Automatiser le maximum par défaut. Sur les processus internes à fort volume — instruction de dossiers, contrôles, courriers types, vérifications de pièces — l’agent traite tout ce qu’il sait traiter. On ne s’excuse pas d’être ambitieux : c’est la condition pour rendre du temps aux agents et de la rapidité aux usagers.

(2) Le seuil de certitude, qui différencie. Chaque agent expose un signal de confiance calibré et n’automatise qu’au-delà d’un seuil audité ; tout cas incertain, nouveau, sensible ou en limite de compétence est escaladé automatiquement vers un agent public responsable. Ce mécanisme d’abstention et d’escalade est mesurable, homologué (M1.16) et contrôlé — pas une promesse molle.

(3) La souveraineté humaine. L’humain peut reprendre la main à tout moment, et toute contestation d’un usager fait basculer la décision à un agent public responsable qui tranche et répond. C’est exactement le garde-fou qu’exige l’article 22 du RGPD pour qu’une décision automatisée soit licite, et la ligne posée par le Conseil constitutionnel en 2018 : l’administration maîtrise et explique le traitement, un recours humain reste ouvert. Socle technique : Albert API et le SIAAG industrialisés (M20.16). Chaque agent est enregistré publiquement (M1.17), et les agents sont formés à les piloter (M1.18). Cible : automatiser une part majoritaire des processus internes éligibles dans le mandat, mesurée sur les délais, la qualité et la satisfaction — jamais sur les effectifs.

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