Programme « Nouveaux Rivages » : trois Grands Sites d’Extension Littorale (GSEL) de 300 à 800 hectares et une filière industrielle française du génie côtier

Mesure
M18.17
Horizon
2050

Lancer trois Grands Sites d'Extension Littorale (GSEL) de 300 à 800 hectares chacun — archipels et presqu'îles de nouvelle génération — et structurer une filière industrielle française du génie côtier exportatrice. 90-150 Md€ d'investissement cumulé 2050 dont moins de 10 % de fonds publics, 150 000 à 250 000 emplois pérennes à terme.

Depuis 2000, le monde a créé 253 000 hectares de terres nouvelles sur la mer — l’équivalent du Luxembourg. Dubaï a bâti Palm Jumeirah (560 ha) puis relancé en 2023 Palm Jebel Ali (1 340 ha, 110 km de côte nouvelle, 35 000 logements, 80 hôtels, plus de 11 Md AED de ventes dès la relance). Le Qatar a créé The Pearl (400 ha, 15 Md$, 32 km de côte, 52 000 habitants). Copenhague construit Lynetteholm (275 ha, 35 000 habitants, protection de la capitale contre la montée des eaux). Les Pays-Bas ont agrandi Rotterdam de 2 000 ha avec Maasvlakte 2. Singapour a gagné près d’un quart de son territoire sur la mer. La Belgique érige la première île énergétique du monde (Princess Elisabeth Island).

Et la France ? Elle possède le deuxième domaine maritime mondial, 5 500 km de côtes métropolitaines, les premiers groupes mondiaux de BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage) — et c’est Bouygues TP qui a construit Mareterra, l’extension en mer de Monaco : 18 caissons de 10 000 tonnes préfabriqués dans le port de Marseille par 480 ouvriers travaillant 24h/24, avec le caissonnier Marco Polo, usine flottante unique conçue pour ce chantier. Le savoir-faire est français. Les carnets de commandes partent à l’étranger. Le foncier littoral français, lui, est saturé, hors de prix, et la loi Littoral fige toute ambition. Résultat : Monaco vend son mètre carré gagné sur la mer 100 000 à 130 000 €, sold out avant livraison, pendant que la France regarde.

La doctrine ZES-M existante (M1.13, M26.8, M21.8) vise 150-250 hectares de plateformes fonctionnelles — logistique, énergie, recherche. C’est nécessaire, ce n’est pas suffisant : il manque l’étage du rêve, les grands travaux emblématiques qui font rayonner une nation et prouvent qu’elle sait encore réaliser ce qu’elle imagine.

Programme « Nouveaux Rivages », articulé en six principes opérationnels : (1) Trois Grands Sites d’Extension Littorale (GSEL) de 300 à 800 hectares chacun, catégorie distincte et complémentaire des ZES-M fonctionnelles (hors plafond doctrinal ZES-M, cohérence C253) : un GSEL méditerranéen à vocation attractivité-tourisme-commerce (candidatures naturelles : golfe du Lion, rade de Marseille, littoral azuréen), un GSEL à vocation mixte industrie-port-énergie (façade méditerranéenne ou atlantique sud), un GSEL ultramarin à vocation rayonnement indo-pacifique ou caribéen (cohérence M25.8, M29 doctrine Indo-Pacifique). Manche exclue par doctrine. (2) Séquencement pragmatique — 2027-2030 : statut juridique (M1.20), études, concertation, sélection des sites ; 2030-2040 : réalisation du premier GSEL en tranches autofinancées ; 2040-2050 : GSEL 2 et 3 financés par la valorisation du premier. Chaque tranche n’est engagée que si la précédente atteint ses jalons de commercialisation — le modèle Nakheel et By & Havn : le foncier créé paie le foncier suivant. (3) Filière industrielle française du génie côtier — consolidation d’un champion national du dragage et des travaux maritimes (la France n’a pas d’équivalent des néerlandais Boskalis et Van Oord ou des belges DEME et Jan De Nul qui raflent tous les grands contrats mondiaux) par alliance industrielle autour des majors françaises du BTP et des ports, flotte de dragues et caissonniers sous pavillon français, cohérence M18.1 réindustrialisation et M27 Champions Stratégiques. (4) Programmation urbaine mixte obligatoire sur chaque GSEL : tourisme et hôtellerie internationale, logements (dont quota de logements abordables, cohérence PP41 Foncière Publique Territoriale), marinas et ports de croisière, immobilier commercial et tertiaire, équipements culturels emblématiques signés par de grands architectes, industrie propre en front portuaire le cas échéant. Aucune enclave mono-fonctionnelle. (5) Chiffrage — investissement cumulé 2050 : 90 à 150 Md€ public + privé, dont engagement public plafonné à 10 % (dotation d’amorçage de la Foncière Souveraine Maritime M2.15, études, dessertes) ; valorisation foncière attendue à terme : 150 à 450 Md€ selon densités et positionnement ; 30 000 à 50 000 emplois directs de chantier en pointe, 150 000 à 250 000 emplois pérennes à maturité (référence : The Pearl, 400 ha, 52 000 habitants). (6) Conditionnalité écologique intégrale — le programme est indissociable de la doctrine « Mer Rendue » (M30.14) : gain net de biodiversité mesuré, zéro sable marin vierge, contribution à l’objectif ZAN terrestre. Aucun GSEL ne se construit contre la mer : chacun se construit avec elle, et la rend plus vivante qu’il ne l’a trouvée.

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