Piste pragmatique

Villages Seniors

Créer des Villages Seniors et un habitat intermédiaire massif entre le domicile et l'EHPAD, bâtis selon une doctrine du bâti fonctionnel — vite, simple, abordable et reproductible — avec des chambres dignes et plus spacieuses et le droit des couples à ne jamais être séparés

En 2030, la France comptera 21 millions de personnes de 60 ans ou plus, dont 3 millions en perte d’autonomie. La DREES chiffre à 108 000 le nombre de places d’EHPAD à créer dès 2030. Pourtant, entre rester seul chez soi dans un logement inadapté et entrer dans un établissement médicalisé souvent lointain, il manque une marche — et l’offre ne suit pas la courbe démographique.

Coalition Nationale propose les VILLAGES SENIORS : de vrais quartiers de vie pour le grand âge, accessibles, sécurisés et abordables. Des logements de plain-pied, des commerces, des espaces partagés, une présence soignante de proximité, pensés pour la mobilité réduite et, pour certains, pour les maladies neurodégénératives — sur le modèle néerlandais de Hogeweyk adapté au cadre républicain. Non pas des mouroirs, mais des lieux où l’on continue de vivre, de circuler, de faire ses courses, de voir du monde.

La clé, c’est de bâtir vite et bien. Nous assumons une doctrine du bâti fonctionnel : construction standardisée, industrialisée, modulaire, rapide et peu coûteuse — mais spacieuse et confortable. La fonction prime sur l’esthétique, jamais sur la dignité. Une chambre digne et plus spacieuse, le droit pour les couples de ne jamais être séparés, et un modèle reproductible d’un territoire à l’autre, en priorité sur le foncier public et dans les bassins ruraux sous-dotés.

Les Villages Seniors ne remplacent ni le domicile, que nous renforçons par le virage domiciliaire et l’aide à domicile solvabilisée, ni l’EHPAD médicalisé, dont nous créons 150 000 places nouvelles ou rénovées. Ils comblent le chaînon manquant. C’est concret, c’est reproductible, c’est éprouvé du Japon aux Pays-Bas. Et c’est une réponse digne à la question que des millions de familles se posent en silence : où, et comment, vieillirons-nous ?

Ce que disent les modèles internationaux

Panel pluriel — 4 pays étudiés, pour neutraliser toute lecture unidimensionnelle.

Pays-Bas

le village comme quartier de vie (Hogeweyk)

Ouvert en 2009 à Weesp près d'Amsterdam, le Hogeweyk est le premier « village » conçu pour des personnes atteintes de démence sévère. Ce n'est pas une institution mais un véritable quartier : des rues, des jardins, une supérette, un café, un théâtre, un salon de coiffure. Les résidents vivent par petits groupes de six ou sept dans des maisons meublées comme chez eux, circulent librement dans un cadre sécurisé, et le personnel s'intègre à la vie du village plutôt que de porter la blouse. Financé par l'État néerlandais (un peu plus de 23 M€ de construction), à coût de fonctionnement comparable à un EHPAD classique, le modèle est aujourd'hui décliné en Australie, au Canada, au Danemark, en France et ailleurs. C'est le cœur de l'idée Villages Seniors : la normalité plutôt que l'hôpital.

Japon

l'assurance dépendance et le soin de proximité (Kaigo Hoken)

Confronté au vieillissement le plus rapide du monde, le Japon a instauré en 2000 une assurance dépendance obligatoire (Kaigo Hoken), financée à parité par l'impôt et des cotisations, qui couvre aujourd'hui environ 17 % des plus de 65 ans. Sa philosophie : favoriser le maintien de l'autonomie dans la communauté, soulager les aidants familiaux et partager le coût de la dépendance entre toute la société, via des plans de soins individualisés pilotés localement. C'est la démonstration qu'un financement dédié et lisible du grand âge — notre cinquième branche pleinement financée (M33.1) — est à la fois soutenable et structurant.

Allemagne

la branche dépendance de la sécurité sociale (Pflegeversicherung)

Dès 1995, l'Allemagne a créé une assurance dépendance comme branche à part entière de sa sécurité sociale, ouverte quel que soit l'âge mais bénéficiant en pratique très majoritairement aux personnes âgées. Le droit y est gradué selon des niveaux de dépendance évalués par un service médical indépendant, et le bénéficiaire peut choisir entre prestations en nature et aide à domicile. C'est le modèle européen de référence d'un cinquième risque financé et piloté, dont la France peut s'inspirer pour donner corps à sa propre cinquième branche.

Danemark

la priorité au domicile adapté et à la désinstitutionnalisation

Le Danemark a fait depuis les années 1980 le choix du maintien à domicile et du logement adapté plutôt que de l'institution classique, en freinant la construction de maisons de retraite traditionnelles au profit de logements pour personnes âgées (plejeboliger) et d'une aide à domicile dense et bien dotée. C'est exactement l'équilibre que nous visons : un virage domiciliaire puissant (M33.6) et un habitat intermédiaire massif, l'établissement médicalisé étant réservé à la dépendance lourde.

Mise en œuvre française

Le constat : un chaînon manquant et un retard qui se creuse

610 000 places d’EHPAD, 7 400 établissements, et un besoin de 108 000 places nouvelles dès 2030 selon la DREES (modèle LIVIA, février 2026). À l’autre bout, la grande majorité des seniors veut rester chez soi. Entre les deux, l’habitat intermédiaire — résidences autonomie, habitat partagé — ne compte qu’environ 97 000 places. C’est ce chaînon que les Villages Seniors viennent renforcer.

La proposition : des quartiers de vie, bâtis vite et bien

Villages Seniors et habitat intermédiaire (M33.5) : de véritables ensembles de logements adaptés, regroupés autour de services, de commerces et d’espaces communs, ancrés dans les bourgs et ouverts sur le voisinage et l’intergénérationnel (Maisons du Lien, M9.3). Un continuum entre le domicile (M33.6) et l’établissement médicalisé (M33.2).

Bâti fonctionnel (M33.4) : plans-types nationaux, filière sèche et modulaire, pour diviser les délais et les coûts et rendre le modèle reproductible. Confort fonctionnel, accessibilité totale, domotique d’autonomie, performance énergétique. Pratique et confortable avant d’être remarquable.

Chambre digne et couples (M33.3) : surface utile relevée, salle d’eau adaptée, lumière naturelle, et droit opposable des couples à ne jamais être séparés contre leur volonté.

L’ensemble mobilise le foncier public inactif (M14.7), les permis accélérés (M14.1) et les Zones de Revitalisation Territoriale, et s’articule avec le plan places EHPAD (M33.2) et le virage domiciliaire (M33.6).

Le chiffrage, honnêtement

Le coût d’un Village Senior dépend du foncier, de la taille et du niveau de médicalisation : à titre de repère, le village de référence Hogeweyk a coûté un peu plus de 23 M€ à construire, pour un coût de fonctionnement comparable à celui d’un EHPAD classique. L’industrialisation du bâti (M33.4) et la mobilisation du foncier public visent précisément à abaisser le coût à la place et à accélérer les livraisons. Les ordres de grandeur d’investissement et de places sont à consolider par une étude d’impact CNSA et un costing indépendant (référentiel Institut Montaigne). La doctrine, elle, est ferme : un habitat reproductible et abordable, pas des vitrines coûteuses et rares.

Articulation avec le programme

Garde-fous, risques, critiques anticipées

Coalition Nationale assume de répondre aux critiques attendues. « Vous allez parquer les vieux dans des ghettos. » Non : les Villages Seniors sont ouverts sur la cité, implantés dans les bourgs, reliés au voisinage et à l’intergénérationnel, et ils ne sont qu’une option dans un continuum qui renforce d’abord le domicile (M33.6). Personne n’y est assigné. « Du bâti fonctionnel, c’est du logement au rabais. » L’inverse : la norme chambre digne (M33.3) relève la surface et le confort. Le fonctionnel porte sur la méthode de construction — vite, simple, reproductible — pas sur l’espace de vie, qui augmente. « C’est trop cher et l’État n’a pas les moyens. » C’est précisément le rôle de la cinquième branche pleinement financée (M33.1) et de l’industrialisation du bâti que d’abaisser le coût à la place. Ne rien faire coûtera bien davantage, humainement et financièrement, quand le mur démographique nous percutera.

Différenciation politique

Vis-à-vis de La France Insoumise

(« L'Avenir en Commun »), qui dénonce la financiarisation des EHPAD et défend le tout-public sans proposer de réponse concrète et rapide au mur démographique ni au chaînon manquant de l'habitat intermédiaire, Coalition Nationale oppose un modèle reproductible et abordable, majoritairement public et associatif, bâti vite grâce à l'industrialisation.

Vis-à-vis de La France Humaniste — Villepin

(Villepin, « Moment Français »), qui invoque la dignité du grand âge sans descendre au niveau du logement concret et de la vitesse de construction, Coalition Nationale comble le vide par une doctrine opérationnelle — plans-types, foncier public, chambre digne, droit des couples — qui transforme l'intention en places livrées.

Vis-à-vis de Rassemblement National

qui martèle l'abandon des anciens et le reste à charge mais reste vague sur l'organisation de l'offre d'habitat, Coalition Nationale apporte le levier concret : un continuum domicile / village / établissement, financé par une cinquième branche assumée et bâti à coût maîtrisé.

Vis-à-vis de Renaissance

qui a créé la cinquième branche Autonomie en 2020 mais n'a jamais adopté la loi Grand Âge ni engagé le plan de construction à la hauteur du besoin, Coalition Nationale franchit l'étape : une programmation pluriannuelle, un bâti fonctionnel reproductible et des Villages Seniors déployés sur tout le territoire.

Cinq affirmations à retenir

  1. 1

    Entre rester seul chez soi et entrer en EHPAD, il manque une marche. Les Villages Seniors la créent : de vrais quartiers de vie — logements de plain-pied, commerces, espaces partagés, présence soignante — où l'on continue de circuler et de voir du monde, sur le modèle néerlandais de Hogeweyk adapté à la République.

  2. 2

    On bâtit vite et à coût maîtrisé, mais on ne lésine jamais sur l'espace. La doctrine du bâti fonctionnel — plans-types industrialisés, filière sèche, foncier public — divise les délais et les coûts, pendant que la norme chambre digne augmente la surface et le confort. Pratique et confortable, pas beau et rare.

  3. 3

    Soixante ans de mariage ne se brisent pas à la porte d'un établissement. Le droit des couples âgés à ne jamais être séparés contre leur volonté devient opposable, avec des logements pour couples dans les villages comme dans les EHPAD.

  4. 4

    Les Villages Seniors ne remplacent rien : ils complètent. Nous renforçons d'abord le domicile, avec une aide à domicile enfin solvabilisée, et nous créons 150 000 places médicalisées pour la dépendance lourde. Le village est le chaînon manquant, pas la solution unique.

  5. 5

    Ne rien faire coûtera bien plus cher. 108 000 places manqueront dès 2030 selon la DREES. Une cinquième branche Autonomie pleinement financée et un bâti reproductible sont la seule réponse soutenable au mur démographique. Du Japon aux Pays-Bas, quatre démocraties l'attestent.

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