Piste pragmatique

Justice Impartiale

Couper le lien politique, garantir l'impartialité, rendre des comptes — une justice que personne, dans aucun camp, ne peut plus soupçonner

En 2017, l’enquête visant un candidat de droite à la présidentielle a été dénoncée comme une manœuvre politique. En 2018, les perquisitions au siège d’un parti de gauche ont été qualifiées d’opération de police politique par ses dirigeants. En 2025, la condamnation d’une responsable d’extrême droite a été présentée par son camp comme une décision de juges militants, et des magistrats ont été menacés. En 2023, un garde des Sceaux a été jugé par une cour composée en majorité de parlementaires, puis relaxé. Trois camps, le même soupçon. Chacun crie à la justice politique quand elle le vise, et ceux qui ont gouverné ont promis la réforme sans la conduire à son terme.

Le problème n’est pas que la justice serait de droite ou de gauche. C’est que l’architecture française permet à chacun de le soupçonner : des procureurs nommés et sanctionnés par un ministre, des informations sur les affaires sensibles qui remontent vers la Chancellerie sans trace au dossier, un président de tribunal qui choisit le juge d’instruction, des ministres jugés par leurs pairs, une neutralité des magistrats floue, et un justiciable qui, en 2021, a vu 377 plaintes adressées au CSM n’aboutir à aucune sanction.

Coalition Nationale lance JUSTICE IMPARTIALE, une réforme d’architecture en trois mouvements. Couper le lien politique : procureurs nommés sur avis conforme du CSM, remontées d’information journalisées et versées au dossier, délit d’intervention, suppression de la Cour de justice de la République. Garantir l’impartialité : attribution des dossiers par algorithme public et aléatoire, collégialité de l’instruction, neutralité effective des magistrats et récusation de droit. Rendre des comptes : un CSM doté d’enquêteurs, une inspection des magistrats qui ne dépend plus du ministre, une action récursoire réelle, des audiences enregistrées et des citoyens de retour dans le jugement des crimes. L’Italie vient de montrer qu’une réforme perçue comme une reprise en main échoue. JUSTICE IMPARTIALE ne vise aucun camp : elle rend le soupçon impossible pour tous.

Ce que disent les modèles internationaux

Panel pluriel — 4 pays étudiés, pour neutraliser toute lecture unidimensionnelle.

Canada

Le lien politique rendu visible : toute directive ministérielle sur une poursuite publiée au journal officiel

Depuis la Loi sur le directeur des poursuites pénales de 2006, les poursuites fédérales sont conduites par un directeur des poursuites pénales. Le procureur général, membre du gouvernement, peut encore lui donner une directive sur une affaire particulière ou reprendre une poursuite, mais cette directive doit être écrite et publiée dans la Gazette du Canada. La publication peut être différée pour les besoins de l'enquête, jamais au-delà de la fin de la poursuite. Le Canada n'a pas interdit le lien entre l'exécutif et les poursuites : il l'a rendu public. C'est la philosophie du registre des remontées d'information (M3.16).

Allemagne

Le juge légal fixé à l'avance et les juges citoyens

L'article 101 de la Loi fondamentale garantit que nul ne peut être soustrait à son juge légal. Chaque année, le présidium de chaque juridiction arrête à l'avance la répartition des affaires, de sorte que personne ne peut orienter un dossier vers un juge particulier. En matière pénale, des juges non professionnels, les Schöffen, siègent aux côtés des magistrats. L'Allemagne offre aussi la leçon inverse : en mai 2019, la Cour de justice de l'Union européenne a refusé aux parquets allemands la qualité d'autorité judiciaire d'émission du mandat d'arrêt européen, parce qu'ils restent exposés à des instructions ministérielles individuelles. La France, qui les a interdites en 2013, a obtenu cette reconnaissance en décembre 2019.

Royaume-Uni

Un service des poursuites indépendant et des critères de poursuite publics

En Angleterre et au pays de Galles, les poursuites sont conduites par le Crown Prosecution Service, dirigé par le Director of Public Prosecutions, sous la surveillance générale de l'Attorney General. Chaque décision de poursuivre applique le Code for Crown Prosecutors, public et opposable, qui impose un double test : des preuves suffisantes, puis l'intérêt public à poursuivre. Le justiciable connaît la règle qui a été appliquée à son cas. La publication des instructions générales de politique pénale (M3.16) poursuit le même objectif.

Italie

La leçon du référendum de mars 2026 : réformer l'impartialité sans affaiblir l'indépendance

En Italie, juges et procureurs forment un corps unique gouverné par un CSM constitutionnellement indépendant, mais structuré en courants syndicaux influents. Le gouvernement a proposé de séparer les carrières, de dédoubler le CSM et d'en tirer au sort une partie des membres. Soumise au référendum les 22 et 23 mars 2026, la réforme a été rejetée par 53,24 % des votants, une large part de l'opinion y ayant vu une reprise en main politique de la magistrature. La leçon pour la France est nette : une réforme de l'impartialité ne passe que si elle renforce en même temps l'indépendance. JUSTICE IMPARTIALE fait les deux, et ne vise aucun camp.

Mise en œuvre française

Phase 1 (2027-2028) — La révision et la loi. Dans les cent premiers jours, dépôt d’un projet de loi constitutionnelle court : avis conforme et pouvoir de proposition du CSM pour le parquet, discipline confiée au CSM (M3.15), suppression de la Cour de justice de la République et création de la commission de filtrage (M3.17). Adoption par le Congrès ou, à défaut, référendum de l’article 89 (M1.8). En parallèle, loi organique et loi ordinaire « Justice impartiale » : registre des remontées d’information et délit d’intervention (M3.16), attribution algorithmique et collégialité (M3.18), neutralité, récusation de droit et probité (M3.19), service d’enquête des plaintes et inspection rattachée au CSM (M3.20), enregistrement des audiences et citoyens assesseurs (M3.21).

Phase 2 (2028-2029) — Le déploiement. Registre des remontées opérationnel dans tous les parquets généraux, expérimentation puis généralisation de l’algorithme d’attribution, premières nominations au parquet sous le nouveau régime, transfert de l’inspection des magistrats au CSM, équipement des salles d’audience pénales, premières cours criminelles départementales avec citoyens assesseurs, premières déclarations patrimoniales étendues auprès de la HATVP.

Phase 3 (2030) — La preuve. Premier rapport public consolidé du CSM au Parlement : remontées journalisées, dérogations à l’attribution algorithmique, plaintes et sanctions, récusations, statistiques par juridiction. Clause de revoyure législative sur données publiées.

Décomposition du coût (ordres de grandeur, à consolider par étude d’impact). Investissement initial de 60 à 90 M€ : équipement d’enregistrement des salles d’audience pénales et stockage souverain, développement du registre des remontées et de l’algorithme d’attribution. Fonctionnement de 30 à 50 M€ par an : service d’enquête des plaintes du CSM, indemnisation et formation des citoyens assesseurs, médiateur de la justice, contrôle des déclarations patrimoniales, maintenance des systèmes. Le transfert de l’inspection des magistrats au CSM est neutre budgétairement. Les magistrats supplémentaires nécessaires à la collégialité sont intégrés au plan de recrutement de M3.1 et ne sont pas recomptés ici.

Articulation avec le programme

Garde-fous, risques, critiques anticipées

Coalition Nationale assume de répondre aux critiques attendues, des deux bords. « Un parquet indépendant, c’est le gouvernement des juges. » Non : la politique pénale reste au gouvernement, qui publie ses instructions générales et en répond devant le Parlement. Ce qui change, c’est qu’aucun ministre ne choisit plus le procureur d’une affaire ni ne sanctionne celui qui le dérange. Et contrairement au projet de 2013, JUSTICE IMPARTIALE ne donne pas la majorité du CSM aux magistrats : pas de corporatisme en échange de l’indépendance. « Un algorithme pour attribuer les dossiers, c’est la justice robotisée. » L’algorithme ne juge rien : il remplace un choix discrétionnaire par un tirage vérifiable, dont les règles et le code sont publics et le journal audité. C’est le principe allemand du juge légal, outillé. « Imposer la neutralité, c’est museler les syndicats. » La liberté syndicale reste entière pour défendre la profession et débattre de la justice. Ce qui est interdit, c’est de prendre parti pour ou contre un camp politique. Et la sanction première n’est pas la censure, c’est le droit du justiciable de ne pas être jugé par ce magistrat. « Rendre les juges responsables, c’est les paralyser. » Seule la faute personnelle grave engage l’action récursoire, dans un plafond assurable, comme pour les autres professions à responsabilité. Le désaccord avec une décision se règle toujours par l’appel et la cassation, jamais par le disciplinaire. « Sans la CJR, les ministres seront harcelés de plaintes politiques. » Une commission de hauts magistrats filtre les plaintes et écarte celles qui visent un choix politique et non une infraction. Garde-fou transversal : chaque dispositif est évalué publiquement en 2030, et la loi prévoit sa revoyure sur données.

Différenciation politique

Vis-à-vis de La France Insoumise

(« L'Avenir en commun »), qui porte de longue date le rattachement de la police judiciaire à la Justice et réclame l'indépendance du parquet, mais pense l'impartialité contre le seul pouvoir exécutif, sans volet connu sur la neutralité des magistrats eux-mêmes ni sur leur responsabilité devant le justiciable, Coalition Nationale construit une architecture où le soupçon ne peut prospérer ni contre l'exécutif, ni contre les juges, quel que soit le camp visé.

Vis-à-vis de La France Humaniste — Villepin

(Villepin, « Moment Français »), qui répond aux défaillances judiciaires par la spécialisation, avec la proposition d'un parquet dédié aux violences faites aux femmes et aux enfants en juin 2026, sans architecture publiée à ce jour sur le statut du parquet, la Cour de justice de la République ou la responsabilité des magistrats, Coalition Nationale traite la racine institutionnelle du soupçon, pas seulement l'organisation des parquets.

Vis-à-vis de Rassemblement National

qui dénonce une justice politisée depuis la condamnation de sa présidente de groupe en mars 2025 et dont la direction propose d'interdire aux syndicats de magistrats toute prise de position politique, une mesure que le droit syndical protégé par la Convention européenne rend juridiquement fragile et qui ne touche ni la nomination des procureurs ni la Cour de justice de la République, Coalition Nationale choisit la voie solide : obligation individuelle de neutralité, sanction disciplinaire et récusation de droit, au service du justiciable et non d'un camp.

Vis-à-vis de Renaissance

qui avait annoncé en 2017 l'avis conforme du CSM pour le parquet et la suppression de la Cour de justice de la République, les a inscrits dans les projets de révision de 2018 et 2019 puis les a abandonnés, et dont un garde des Sceaux a été jugé par cette même cour en 2023, Coalition Nationale fait voter dans les cent premiers jours ce qui fait consensus depuis plus de vingt-cinq ans, et le soumet au peuple si le Congrès se dérobe.

Cinq affirmations à retenir

  1. 1

    Depuis 1998, quatre présidences ont promis que les procureurs seraient nommés sur avis conforme du CSM. En 2016, l'Assemblée et le Sénat ont voté le même texte. Le Congrès n'a jamais été convoqué. Coalition Nationale le fait voter dans les cent premiers jours, et, s'il le faut, le soumet au référendum.

  2. 2

    Chaque information transmise par un parquet au ministère sur une affaire individuelle sera inscrite dans un registre horodaté et communiquée aux parties à la clôture de l'enquête. Le Canada publie depuis 2006 toute directive ministérielle sur une poursuite. La France n'aura plus de canal invisible.

  3. 3

    Nul ne choisit son juge, et personne ne doit pouvoir le choisir pour lui. Les dossiers seront attribués par un algorithme public, aléatoire et audité, et la collégialité de l'instruction, votée en 2007 après Outreau puis abandonnée, sera enfin appliquée aux affaires lourdes.

  4. 4

    Un magistrat a le droit de se syndiquer, pas de faire campagne. Celui qui prend publiquement parti pour ou contre un camp politique sera sanctionné, et le justiciable de ce camp pourra le récuser de droit. Neutralité pour les juges, protection contre les menaces pour les juges : les deux vont ensemble.

  5. 5

    Un ministre sera jugé comme tout le monde, et plus par douze parlementaires. Un juge fautif répondra devant un CSM doté d'enquêteurs, et plus devant une inspection qui dépend du ministre. En 2021, 377 plaintes de justiciables, aucune sanction : cette époque se termine.

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