En 2027, l’État devra trouver 339,7 milliards d’euros sur les marchés, un record. La charge budgétaire de sa dette passera de 62,6 à 72,9 milliards en un an. Et le projet de loi de finances le reconnaît lui-même : même avec un déficit ramené de 5,4 % à 5 % du PIB, la dette continuera de monter, de 119,3 % à 121,7 %. Réduire le déficit ne suffit plus à faire baisser la dette.
Le débat public reste enfermé dans une seule colonne. Les uns promettent de couper 100, 200 ou 300 milliards, les autres d’augmenter les impôts. Tous traitent la France comme un ménage qui ne regarde que ses dépenses. Personne ne regarde son bilan : qui détient la dette (56 % hors de France), ce que possède la puissance publique et ce que cela rapporte, ce que la France rembourse sans l’avoir emprunté (le plan de relance européen), ce qu’elle paie aux banques sur les liquidités créées pour racheter sa propre dette.
Coalition Nationale lance SAUVEGARDE, le redressement de la France par son bilan, en quatre mouvements. Rapatrier la dette : un Bon de la Nation pour les épargnants, une Obligation Croissance qui partage le risque entre l’État et ses prêteurs. Faire travailler le patrimoine : un Bilan de la Nation, un Fonds Patrimoine France qui ne vend jamais ni le sol ni le contrôle, la reprise de la rente autoroutière entre 2031 et 2036. Geler la dépense en valeur : pas un euro de moins, pas un euro de plus pendant trois ans, et des promesses débloquées par paliers. Renégocier la dette politique : veto européen sur le remboursement du plan de relance, fin de la rente de liquidité versée aux banques, engagements cachés, créances sur l’étranger.
Et un verrou, qui distingue SAUVEGARDE de tous les autres projets : la dette des épargnants est sacrée. Annuler la dette de marché, c’est annuler l’assurance-vie des Français. La France ne fera jamais défaut. Tout le reste se renégocie.
Ce que disent les modèles internationaux
Panel pluriel — 5 pays étudiés, pour neutraliser toute lecture unidimensionnelle.
Singapour
Le patrimoine public comme recette : les rendements des réserves financent le budget
La Constitution singapourienne encadre l'usage des réserves : le gouvernement peut dépenser jusqu'à la moitié des rendements attendus à long terme des actifs gérés par GIC, l'Autorité monétaire et Temasek. Cette contribution a atteint 27,5 Md S$ pour l'exercice 2025 révisé, sur 158,4 Md S$ de recettes totales, soit environ un sixième, deuxième source après l'impôt sur les sociétés. Le patrimoine public y est une recette, pas un stock oublié. C'est la logique du Bilan de la Nation (M2.20) et du Fonds Patrimoine France (M2.21).
Émirats arabes unis
Regrouper les entreprises publiques dans une holding professionnelle, sans les vendre
Abou Dhabi a créé en 2018 la holding publique ADQ, à laquelle le gouvernement a transféré en 2019 ses participations dans treize entreprises : énergie, ports, aéroports, rail, santé. Gérée comme un actionnaire professionnel, elle affichait 251 Md$ d'actifs fin 2024. L'émirat n'a pas vendu ses infrastructures : il les a regroupées et fait fructifier sous contrôle public. C'est le modèle du Fonds Patrimoine France (M2.21), majorité publique inaliénable comprise.
Belgique
Le bon d'État pour les particuliers : l'épargne nationale finance l'État, moins cher que le marché
En septembre 2023, l'Agence fédérale de la dette a émis un bon d'État à un an réservé aux particuliers : 21,9 Md€ souscrits, record historique, à un coupon de 3,30 %, inférieur au coût de financement de marché à un an observé le même jour (3,64 %), et l'écart de taux avec l'Allemagne s'est resserré de 3 à 4 points de base. La limite est aussi instructive : à un an, une large part de cette épargne est repartie vers les dépôts bancaires à l'échéance. Le Bon de la Nation (M2.18) retient donc des durées de 3 à 10 ans.
Japon
La structure de détention de la dette compte autant que son niveau
Le Japon porte une dette publique de plus de deux fois son PIB sans crise de financement, notamment parce que les non-résidents n'en détenaient que 13 % en 2024. La France, à 56 % de détention non résidente de sa dette négociable fin 2025, est à l'opposé. L'objectif de M2.18 n'est pas de copier le Japon, mais de réduire la dépendance là où elle est la plus forte : ramener cette part à environ un tiers en dix ans.
Canada
La revue des programmes de 1995 : redresser les comptes par une méthode, pas par un rabot
Avec son budget de février 1995, le Canada a lancé l'Examen des programmes : chaque dépense fédérale passée au crible de questions simples sur l'intérêt public, le rôle légitime de l'État, la possibilité de la confier à d'autres, son efficacité et son coût. Le budget fédéral est revenu à l'équilibre dès l'exercice 1997-1998. Le Canada bénéficiait aussi d'une monnaie dépréciée et de taux en baisse, dont la France ne dispose pas : c'est pourquoi SAUVEGARDE ne repose pas seulement sur la dépense (M2.22), mais aussi sur le passif et l'actif.
Mise en œuvre française
Phase 1 (2027-2028) — Le verrou et la loi. Dans les six premiers mois, loi organique de sauvegarde (M2.16) : régime de cinq ans, Conseil de la dette (M2.11) en administrateur indépendant, double régime de la dette (M2.17). Loi de programmation des finances publiques : gel en valeur de 2028 à 2030 (M2.22) et tableau public des paliers (M2.23). Premières émissions du Bon de la Nation (M2.18). Mandat de négociation sur le cadre financier européen 2028-2034 voté par le Parlement (M32.9). Position française sur les réserves de banque centrale (M32.10) et contribution transitoire sur la rente de liquidité, après avis de la BCE (M2.24). Création du Fonds Patrimoine France (M2.21), lancement de l’inventaire du Bilan de la Nation (M2.20) et de l’audit des engagements cachés (M2.25). Doctrine de la France créancière (M23.41). Inventaire contradictoire du réseau autoroutier avec l’Autorité de régulation des transports (M26.31).
Phase 2 (2028-2030) — Le gel et la preuve. Gel en valeur effectif sur trois exercices. Premier Bilan de la Nation publié avant fin 2028. Souche pilote d’Obligation Croissance France (M2.19). Transfert des premiers actifs au Fonds Patrimoine France. Renégociation des contrats prioritaires et centralisation de la trésorerie publique. Franchissement des paliers certifié par le Conseil de la dette et déblocage progressif des promesses du programme.
Phase 3 (2031-2036) — La rente et le relais. Restitution des autoroutes concession par concession et apport au Fonds Patrimoine France. Sortie du régime de sauvegarde en 2032 si les critères sont remplis, puis relais par la règle constitutionnelle d’équilibre (PP13) et le frein à la dette (PP42). Évaluation publique de l’Obligation Croissance France et de la trajectoire de rapatriement de la dette.
Décomposition (ordres de grandeur). Le coût d’amorçage est limité : inventaire du Bilan de la Nation, création du Fonds Patrimoine France, renforcement du Conseil de la dette. L’avantage fiscal du Bon de la Nation est plafonné en loi de finances, et son coût complet ne peut dépasser le coût de marché. Effets attendus : le gel en valeur fait reculer la dépense de l’ordre de 2 à 3 points de PIB en trois ans par rapport à la tendance, soit de l’ordre de 60 à 90 Md€. La rente autoroutière représente un potentiel d’environ 5,5 Md€ par an à partir de 2031 selon les travaux de la conférence Ambition France Transports, contre environ 2,5 Md€ que le gouvernement envisage de mobiliser. La part française du remboursement du plan de relance européen est estimée par la Cour des comptes à environ 2,5 Md€ par an de 2028 à 2058. Le rendement de la contribution sur la rente de liquidité, de la renégociation des contrats et de la centralisation de la trésorerie dépend des taux et des inventaires, et sera chiffré avec la Banque de France et la Cour des comptes.
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