Au 1er septembre 2026, les prisons françaises comptaient 90 020 détenus pour 63 348 places, et 8 347 d’entre eux dormaient sur un matelas posé au sol. Pour les plus jeunes, le résultat est connu : 77 % des sortants de prison de moins de 25 ans récidivent dans les cinq ans, selon le ministère de la Justice. Et pour les mineurs, le ministère décrit lui-même des centres éducatifs fermés qui n’étaient ni éducatifs ni fermés. La prison des jeunes ne protège ni la société ni la jeunesse : elle fabrique des récidivistes, au prix de 105 à 130 € par jour.
Pendant ce temps, la France manque de bras quand la terre tremble, quand l’eau monte, quand le feu prend. Ses unités militaires de la sécurité civile sont trop peu nombreuses, son aide au développement se contracte, et le nouveau service national reste cantonné au territoire national. Entre une jeunesse qui se perd et un pays qui a besoin d’elle, personne n’a construit le pont.
Coalition Nationale crée le Corps français d’intervention humanitaire, ni pompier, ni secouriste, ni militaire, mais les trois à la fois. Les jeunes condamnés pour la délinquance du quotidien y exécutent leur peine : trois ans au moins, dont un an en régime fermé, puis deux ans de service dans des unités mêlées de volontaires. Au premier manquement grave, c’est la prison pour la durée fixée par le juge. Dès 13 ans, des écoles de cadets offrent au juge des enfants une vraie école, le secourisme et l’uniforme. Et quand la hiérarchie juge une recrue digne de confiance, elle part secourir en France, en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud.
Au bout du chemin, une solde, une médaille, un défilé, un métier, et un casier blanchi pour l’employeur. La France retrouve un corps de secours à sa mesure. Une jeunesse que la République avait perdue retrouve une place. Et le monde voit à nouveau des uniformes français là où l’on souffre.
Ce que disent les modèles internationaux
Panel pluriel — 4 pays étudiés, pour neutraliser toute lecture unidimensionnelle.
Allemagne
Un établissement fédéral de secours, rattaché à l'Intérieur, qui intervient aussi à l'étranger
Fondé le 22 août 1950 à la demande du ministre fédéral de l'Intérieur, le Technisches Hilfswerk est un établissement fédéral chargé de l'aide technique en protection civile, lors des catastrophes, et à l'étranger pour le compte du gouvernement fédéral. Il réunit environ 88 000 bénévoles, dont plus de 17 000 jeunes, et plus de 2 200 salariés (décembre 2025), et il est intervenu dans plus de 130 pays. C'est le modèle institutionnel du CFIH (M4.19) : un établissement public sous tutelle de l'Intérieur, avec une mission à l'étranger et des groupes de jeunesse.
États-Unis
Le programme ChalleNGe de la Garde nationale : un internat de type militaire qui a fait ses preuves par l'évaluation
Créé au début des années 1990 pour les décrocheurs de 16 à 18 ans, ChalleNGe combine vingt semaines d'internat dans un environnement de type militaire et un an d'accompagnement par un mentor. Son évaluation par tirage au sort, conduite par MDRC dans dix sites auprès d'environ 3 000 jeunes entrés en 2005 et 2006, montre qu'au bout de trois ans 72 % des participants avaient obtenu un diplôme de fin d'études secondaires ou son équivalent, contre 56 % du groupe témoin, que 58 % travaillaient contre 51 %, et que leurs revenus étaient supérieurs de 20 %. Le programme a accueilli plus de 175 000 jeunes. C'est la preuve qu'un cadre exigeant fonctionne quand il s'accompagne d'éducation et de suivi, d'où l'école des cadets (M3.23) et le mentor après le service (M3.24).
États-Unis (Californie)
Des détenus qui combattent les incendies, et l'effacement de leur condamnation à la clé
Le programme des camps de conservation de Californie engage des détenus volontaires de la catégorie de surveillance la plus basse dans la lutte contre les feux de forêt, aux côtés des pompiers de l'État. En 2020, il comptait 44 camps dans 27 comtés et environ 3 100 détenus, dont quelque 2 200 formés pour les lignes de feu. Depuis la loi AB 2147 signée le 11 septembre 2020, ceux qui y ont servi avec succès peuvent demander l'effacement de leur condamnation dès leur libération, pour accéder aux métiers sous licence, dont celui de pompier. La leçon est double : le casier blanchi par le service (M3.24) fonctionne, mais une rémunération d'un dollar de l'heure sur le terrain fait de ces hommes une main-d'œuvre au rabais. Le CFIH paie une solde réelle (M4.20).
Suisse
Un corps humanitaire de milice rattaché à la coopération, projeté dans le monde entier
La Suisse a créé en 1973 l'Aide suisse en cas de catastrophe, devenue en 2001 le Corps suisse d'aide humanitaire, composé selon le Dictionnaire historique de la Suisse d'environ 700 volontaires spécialisés en médecine d'urgence, reconstruction, logistique et transmissions, et rattaché à la Direction du développement et de la coopération du département des Affaires étrangères. Sa première mission, en 1974 autour du lac Tchad frappé par la sécheresse, a mobilisé 80 membres. C'est la justification de la double tutelle du CFIH (M4.19) et de sa doctrine de projection (M23.42) : l'action humanitaire est un instrument de politique étrangère.
Mise en œuvre française
Phase 1 (2027-2028) — La loi et le pilote. Dans la première année du mandat, loi créant le CFIH (M4.19), la peine d’engagement (M3.22), les écoles de cadets (M3.23), la réhabilitation par le service (M3.24) et le statut du corps (M4.20). Choix de deux ou trois anciennes casernes parmi les emprises recensées par le Bilan de la Nation (M2.20) et recrutement des premiers cadres. Ouverture du pilote en 2028 : 1 000 recrues, dont au moins un tiers de volontaires, et deux écoles pilotes de 100 cadets. Premières interventions en France en renfort des services de secours. Dépôt de la candidature des premiers modules au pool européen de protection civile (M23.42).
Phase 2 (2029-2030) — La preuve. 3 000 recrues en 2029. Premières projections à l’étranger des volontaires et des recrues de deuxième année validées par leur hiérarchie, avec l’autorisation de sortie du territoire du juge de l’application des peines. Premiers certificats de bon service et premières réhabilitations en 2031 pour la promotion de 2028. Évaluation indépendante publiée fin 2030 par la Cour des comptes et une équipe de chercheurs : récidive, insertion et coût, comparés à ceux de jeunes condamnés comparables passés par la prison.
Phase 3 (2031-2032) — Le déploiement. Au vu de l’évaluation, montée vers 10 000 places en 2032 et une école de cadets par région. Articulation avec l’exécution effective des peines (M4.5), le maillage carcéral (M3.12) et la réponse à la délinquance du quotidien (M4.5, PP54). Les places de prison libérées soulagent les maisons d’arrêt.
Décomposition (ordres de grandeur). Une journée de détention coûte de 105 € (Cour des comptes) à 130 € (administration pénitentiaire), soit de 38 000 à 47 500 € par an. Le coût complet d’une recrue du CFIH, encadrement d’un cadre pour trois recrues, solde, hébergement, formation, équipement et projections compris, est estimé de 50 000 à 60 000 € par an, pour comparaison avec les 37 294 € par volontaire de l’Épide en 2023 selon la Cour des comptes. Pilote : 50 à 60 M€ brut en 2028, 150 à 180 M€ en 2029. À régime, 10 000 places représentent 0,5 à 0,6 Md€ brut par an. Si 6 000 d’entre elles sont occupées par des condamnés qui auraient été incarcérés, la détention évitée représente 0,23 à 0,29 Md€ par an, et le coût net s’établit entre 0,2 et 0,4 Md€ par an, avant tout effet sur la récidive. Ces 6 000 places de prison qui n’ont plus à être construites représentent 0,9 à 1,1 Md€ d’investissement évité, au coût de 150 000 à 190 000 € par cellule cité au Parlement. Les transports des modules projetés hors de l’Union sont cofinancés jusqu’à 75 % par l’Union européenne. Le pilote est financé par redéploiement à l’intérieur de l’enveloppe gelée (M2.22). La généralisation au-delà de 3 000 places suit le premier palier de SAUVEGARDE (M2.23, PP66), sauf si l’évaluation démontre un coût net nul pour les finances publiques.
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